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Archives du mai, 2011

Un vote mémorable

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 27 mai 2011 11h09 | Commentaires fermés

ducarmeblogOn se souviendra du vote intervenu hier soir aux alentours de 23 heures à la Chambre. Deux raisons le rendent mémorable.

La première raison c’est la majorité qui a adopté ce texte. Ce n’est pas la majorité qui soutient le gouvernement d’Yves Leterme, mais une majorité alternative qu’on pourrait qualifier de majorité à droite, ou au centre droit. Avec les nationalistes de la N-VA, les sociaux-chrétiens flamands du CD&V, les socialistes et libéraux flamands (sp.a et Open VLd) et un seul parti francophone, le Mouvement Réformateur. Le Vlaams Belang et Écolo ont voté contre, tandis que le PS et le cdH se sont abstenus. Sur le plan arithmétique et démocratique, rien à dire: 79 voix pour, 30 contre. Les élus du peuple ont tranché. C’est même une majorité confortable.

A

L’inverse de 2004

C’est un petit peu l’inverse de ce qui s’était passé lors de l’ouverture du droit de vote aux étrangers. À l’époque, en 2004, ce sont les partis francophones qui avaient fait passer le texte, il n’y avait eu qu’un seul parti flamand, le sp.a, pour les suivre. Cela avait été vécu comme une humiliation par les partis néerlandophones.

La différence entre ces deux votes c’est qu’ils surviennent à des moments très différents. En 2004, la majorité autour de Guy Verhofstadt était relativement stable. Ce n’est pas le cas maintenant. Surtout, la N-VA n’était pas le parti dominant comme c’est le cas aujourd’hui. La tentation pour les nationalistes flamands sera désormais grande de vouloir faire avancer d’autres textes au parlement. Signal fort pour leur électorat : ce qu’ils n’obtiennent pas dans une négociation peut être, dans certains cas, décroché par un vote.

Théo Francken l’un des deux durs de la N-VA l’a d’ailleurs dit explicitement hier à la chambre. « J’espère que c’est le début d’une très belle histoire », a-t-il lancé aux députés du mouvement réformateur. MR et N-VA, même combat : il y a des alliances qui, sur le communautaire, sont inimaginables. Mais elles peuvent fonctionner sur le plan de l’immigration.

A

Un climat très tendu

Deuxième raison pour laquelle cette séance restera présente dans les mémoires: c’est le climat dans lequel elle s’est déroulée. Les débats avaient été vifs en commission. Ils l’ont été de nouveau en séance plénière. Denis Ducarme, fer de lance de la position MR sur cette question, a été chahuté par les socialistes et les écologistes. Zoé Genot, pour Écolo, va le prendre à parti en soulignant qu’il a bien changé de position entre le début et la fin des débats au sujet de la discrimination entre Belges et non Belges. La loi sera plus dure pour les Belges d’origine étrangère qui voudraient faire venir leur famille que pour les ressortissants d’un autre pays européen.

Dans ce débat à l’intérieur du débat il va même y avoir un dérapage de Jacqueline Galant, autre députée MR: « Je ne suis pas contre cette discrimination, car les Belges qui procèdent au regroupement familial sont à 70 % d’origine marocaine ou turque« .

A

Les Belges ne sont plus égaux

Hier à la Chambre tous les Belges n’étaient donc plus égaux. L’argument sent le racisme ordinaire. Olivier Maingain, ostensiblement mécontent, a quitté la séance et n’a pas voté avec son groupe.

Hier à la Chambre cela se chamaillait aussi entre cdH et CD&V. Le PS qui avait voté pour en commission (moins une abstention) va finalement s’abstenir en plenière. Des applaudissements, beaucoup de cris. On a entendu des termes comme « laxiste » ou « populiste ». Une grande séance pour un petit texte, dont on sait déjà qu’il fera l’objet  de recours devant la cour constitutionnelle.

Di Rupo et la N-VA se disputent l’espace médiatique

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 26 mai 2011 07h49 | 6 commentaires

Le dernier incident remonte à mardi soir. A la VRT, télévision Flamande, le ministre régional Geert Bourgeois, chargé de l’intérieur en Flandre, estime qu’Elio Di Rupo ne fait pas preuve d’assez de courage: le fait qu’il se lance à présent dans une série d’entretiens bilatéraux « ne fait que confirmer son manque d’ambition ».

carnetHier, Geert Bourgeois a donc été invité à préciser sa pensée. « J’ai voulu encourager Elio Di Rupo. En tant que formateur, il doit travailler comme un formateur. Les entretiens bilatéraux, ce n’est pas une bonne méthode. Il est temps de se mettre ensemble autour de la table avec tous les partis qui veulent former un gouvernement et de fournir des notes ». Et le minsitre N-VA d’ajouter « C’est la dernière possibilité ».

A

Nouvel ultimatum

Dernière possibilité, c’est un ultimatum évident. Un de plus serait–on tenté de dire. Le journal Le Soir dresse ce matin un petit rappel des avertissements de ce type lancés par la N-VA: le 27 juillet 2010, Bart De Wever annnonce qu’il lui faut des avancées pour le lendemain. Le 30 octobre Sigfried Bracke lance: « Si aucune perspective  d’accord n’apparaît pour le 12 novembre il y aura de nouvelles élections ». Le 5 mars, Jan Jambon indique que « si on n’a pas d’accord dans les deux mois la N-VA arrête ».

A

Défi constant

En y regardant de plus près, c’est en fait à chaque fois qu’une nouvelle mission royale est lancée que la N-Va offre un cadeau de bienvenue au négociateur, formateur, démineur, avec une petite phrase en forme de défi. Une technique de guerilla qui permet au parti nationaliste d’exprimer sa différence: rappeller à ses électeurs qu’elle n’est pas un parti tradionnel.

Depuis un an, la N-VA est en position de défi constant vis à vis du palais et de ses chargés de mission. Et, au final, elle a toujours un pied dans les négociations et un pied à l’extérieur.

A

Les critiques vont aller crescendo

En 10 jours, depuis la nomination d’ Elio Di Rupo, on a ainsi entendu que la N-VA n’avait pas été informée par le palais. Cela a été démenti. Que le président du PS était un informateur plutot qu’un formateur. Que ce serait mieux qu’il soit candidat premier ministre. Et donc maintenant qu’il manque de courage.

On peut  prédire que les critiques vont aller crescendo. Le formateur a devant lui deux dates délicates. Le 13 juin d’abord, il y aura un an que nous avons voté. Le 11 juillet ensuite. Le jour de la fête de la communauté flamande. L’an dernier le discours de Jan Peumans, le président du parlement flamand, avait ulcéré les francophones.

A

Opposition

Face à ces échéances, le formateur donne l’impression qu’il veut d’abord se donner du temps. Les rendez-vous avec les présidents de parti sont espacés, un ou deux entretiens par jour mais ils sont publics, on ne se cache pas, et au contraire même, chacun va au devant des caméras. Ce qui donne l’occasion à tout le monde, et pas seulement à la N-VA de s’exprimer, et si ça marche, de déplacer le débat sur les questions économiques.

La N-VA d’un côté, le formateur de l’autre, sont donc bien occupés à se disputer l’espace médiatique. Guerilla en mouvement contre partition maitrisée, tempo rapide contre tempo lent. Cela pourrait ne vous paraître qu’une oppostion de style, mais c’est beaucoup plus profond. Une question de climat. Car c’est en créant un climat qu’on permettra ou pas aux négociations de débuter.

FMI: Lagarde ou Reynders ?

Par Fabrice Grosfilley dans decryptage , le 25 mai 2011 10h18 | 4 commentaires

reyndLa question agite les milieux politiques et journalistiques depuis quelques jours. Didier Reynders peut-il devenir le nouveau directeur du FMI en remplacement de Dominique Strauss-Kahn ? Si on se pose la question avec autant d’insistance, c’est d’abord parce que l’intéressé a, à plusieurs reprises, laissé entendre lors d’interviews qu’il pourrait être intéressé. Attention, il ne s’agit pas réellement d’un acte de candidature. A ce niveau, les choses sont évidemment plus subtiles. Didier Reynders se contente de répondre que c’est un poste qui ne se refuse pas.

Le ministre des finances a-t-il une chance ? A priori la réponse est non. La favorite pour le poste est plutôt Christine Lagarde, la ministre française de l’économie. Elle a le profil idéal. Elle a le soutien officiel de plusieurs grands pays, et puis surtout la diplomatie française qui insiste pour que le mandat de Dominique Strauss-Kahn reste un mandat bleu blanc rouge.

Reynders outsider

Didier Reynders est donc plutôt un outsider. Il n’est d’ailleurs pas le seul. Le gouverneur de la banque centrale du Mexique ou celui de la banque du Kazakhstan sont aussi sur les rangs. Tous sont des candidats alternatifs dans le cas ou Christine Lagarde ne pourrait pas se présenter.

La ministre française attend en effet de voir si la justice ouvre ou pas une enquête à son encontre, dans le cadre d’une affaire qui remonte à 2007 entre Bernard Tapie et le crédit Lyonnais, je vous passe les détails, mais elle était déjà ministre à cette époque-là, et l’Etat Français était passé à la caisse à la place de la banque, elle devrait être fixée sur les intentions du juge dans les prochains jours.

Lagarde va montrer ses cartes

Ce matin Christine Lagarde tient une conférence de presse. On devrait en savoir plus sur ses intentions. Ce soir, Didier Reynders sera lui avec Steven Van Ackere et Yves Leterme à Paris pour les 50 ans de l’OCDE, l’organisation de coopération et de développement en Europe. Un endroit idéal pour croiser beaucoup de ministres et mettre en avant une candidature potentielle.

A ce stade les Belges la jouent discrète : pas question d’organiser des réunions bilatérales qui ressembleraient trop à une campagne électorale. Les arguments de Didier Reynders sont pourtant réels. Il est mondialement connu comme le ministre qui présidait l’Ecofin, le conseil européen des finances au moment où l’Euro est entré en circulation. La plupart des observateurs estiment que ses passages à la tête de l’Europe lors des deux dernières présidences belges ont été plutôt réussis. C’est aussi un très bon orateur. Bref les qualités d’un technicien, combinées au sens de la communication d’un politique, humour inclus. Ce n’est pas si courant.

Pour le FMI ou…

Dernier argument, Didier Reynders, en perdant la présidence du Mouvement Réformateur, a sans doute fait le tour de la scène politique belge. Au sein de son parti on ne serait sans doute pas mécontent de le voir s’éloigner un peu. Si ce n’est pas à l’OCDE que se joue la direction du FMI, c’est dans une réunion du G8 qui aura lieu demain à Deauville, en présence de Barack Obama. Didier Reynders n’a rien à perdre à vendre discrètement sa candidature.

Pas réellement pour le FMI mais plutôt pour les autres postes internationaux qui pourraient venir ensuite. Le mandat de Philippe Maystadt à la tête de la banque européenne d’investissement arrive à échéance en 2012. Une fausse candidature pour le FMI pourrait très bien servir une vraie candidature pour un autre poste. Être visible et disponible ce n’est pas jamais perdu.

Merci qui ? Merci Fitch !

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, decryptage , le 24 mai 2011 07h34 | 4 commentaires

imageglobe-27191820D’abord petit rappel: Fitch n’est pas la première agence de notation à émettre un avertissement sur la capacité du royaume à rembourser sa dette publique. Standard and Poors l’avait déjà fait au mois de décembre. A l’époque on pensait que cela servirait d’accélérateur. Au final, force est de constater que cela n’avait pas changé grand-chose. Il faut bien comprendre qu’il s’agit en fait de signaux d’alerte à moyen terme. Les agences de notation menacent de dégrader la note de la Belgique, mais pour l’instant les notes attribuées à l’état belge ne bougent pas. Tant qu’on reste au stade de la menace,  il n’y a pas d’impact réel  sur les finances publiques.

Malgré tout,  ces signaux d’alerte, purement virtuels à ce stade,  vont être utilisés dans le débat politique. Hier, le premier ministre Yves Leterme (qui, au passage aurait bien dû s’abstenir d’un tweet optimiste sur le sujet il y a quelques semaines) s’est d’ailleurs empressé de dire que puisque l’agence Fitch pointait le manque de stabilité politique, il fallait s’adresser aux négociateurs et pas chez lui. Ça s’appelle refiler la patate chaude.

A

Nombreux arbitrages à faire

Fitch donne un éclairage tout particulier à la rencontre de ce matin entre Elio Di Rupo et Bart De Wever. Entretien à la présidence de la chambre : tous les présidents de parti seront reçus un par un pour parler budget. Le formateur a d’ailleurs demandé à ses invités de venir avec des propositions chiffrées. D’ici 2015 il faut trouver entre 17 et 20 milliards d’économies. Où et comment, c’est là-dessus qu’Elio Di Rupo veut commencer les discussions.

Le fait que le communiqué de  l’agence Fitch tombe la veille va donc apporter du grain à moudre  au formateur. Argument que pourra utiliser Elio Di Rupo : la situation est grave, attelons nous en priorité aux questions socio-économiques.  Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de difficultés. Entre la N-VA qui se verrait bien remettre  en cause l’indexation des salaires ou qui souhaite limiter les allocations chômage dans le temps, et le bureau du plan, relayé par Laurette Onkelinx,  qui préconise une cotisation sociale généralisée pour subvenir aux besoins de la sécurité sociale, il y a plus que des arbitrages à faire. Et si la discussion à court terme semble uniquement budgétaire, elle deviendra rapidement communautaire dès qu’on abordera le long terme puisque l’on parle ici de matière que les partis flamands souhaitent régionaliser.

A

Avantage du formateur: il a la main

Sur cette toile de fond va donc se greffer une opposition de méthode dont nous avons déjà parlé et qui est au cœur de la guerre des nerfs. N-VA et libéraux ont mis la pression sur le formateur pour obtenir qu’il définisse la coalition avant d’entrer réellement en négociation. Elio Di Rupo, s’y refuse et veut d’abord des discussions sur le fond. D’un côté on tente d’imposer une coalition la plus à droite possible, de l’autre on essaye d’avoir le plus de partenaires possibles pour éviter de se retrouver coincé par tel ou tel ou parti (la N-VA en l’occurrence, mais pas seulement elle) qui refuserait d’avancer. Savourez le paradoxe : mettre l’accent sur la coalition c’est en réalité décider du programme alors que mettre l’accent sur le programme c’est en réalité désserer l’étau pour ne pas dépendre d’une coalition qu’on ne maitrise pas.

C’est vrai pour le communautaire. Cela  peut l’être aussi pour le budgétaire.  Elio Di Rupo, en position de formateur, a l’avantage d’avoir la main. Il pourra adresser aux agences de notation et à l’opinion publique le message suivant : c’est sous sa direction que les questions économiques ont été enfin abordées. Que ce soit pour devenir premier ministre, en cas d’accord, ou pour lancer une campagne électorale, en cas d’échec, ce n’est pas un détail.

Wouter Beke tâcle Di Rupo et De Wever

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 23 mai 2011 07h52 | 3 commentaires

imageglobe-27149920Pendant deux mois, Wouter Beke avait été négociateur royal. Sa conférence de presse lors de la remise de son rapport à Albert II avait été relativement succincte. Une petite phrase pour dire qu’il aurait désormais du temps pour s’occuper de ses enfants, une démission laissée en suspens par le palais et un rapport qui n’avait pas été rendu public. L’impression générale était plutôt qu’il s’agissait d’une mission ratée.

A

Avancée sur BHV

Ce weekend le président du CD&V s’est donc employé à corriger le tir. Interview dans le Tijd et l’Echo, interview dans le Standaard et passage à la VRT. C’est dans son interview au Tijd que Wouter Beke est le plus précis. Il y indique qu’on serait tout près d’un accord sur le fameux dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde. Vous vous rappelez : cet arrondissement électoral que les Flamands veulent définitivement scinder en deux, alors qu’il concerne les francophones de la périphérie Bruxelloise, qui du coup ne pourraient plus voter avec Bruxelles.

Wouter Beke annonce donc qu’il aurait rédigé 9 propositions de loi sur la question. 9 propositions concrètes, précise-t-il : « Di Rupo et De Wever ne les ont pas signées, mais chaque paragraphe émane d’eux. Il reste deux ou trois nœuds à trancher. Sur la base des propositions que j’ai mises sur la table, un accord est possible sur BHV et sur les compensations pour les francophones ».

A

Il reste des noeuds à trancher

Toute la difficulté, évidemment, ce sont les 2 ou 3 noeuds à trancher. Même chose sur la loi de financement. Wouter Beke affirme avoir remis une proposition équilibrée, mais reconnaît que PS et N-VA avaient encore des remarques sur son texte.  Bref on était loin d’un accord. La vérité est que Wouter Beke a effectivement avancé. Il a approfondi certains dossiers, mais personne n’a marqué son accord sur aucun des chapitres de la négociation. C’est normal, cet accord ne viendra que dans la dernière ligne droite, lorsque les présidents de parti auront une vue détaillée de l’ensemble des compromis et pas une vue partielle chapitre par chapitre.

A

Flèches

Dans ces interviews Wouter Beke a planté deux petites banderilles. La première pour Elio Di Rupo. Le négociateur n’a pas apprécié que le président du PS lui fasse parvenir un courrier où il prenait ses distances avec le paragraphe sur la loi de financement du rapport du négociateur et encore moins apprécié que le courrier se retrouve dans la presse. Une désillusion. « Elio Di Rupo a pourri le climat pour sa propre mission », dit-il dans ces interviews.

Seconde flèche pour Bart De Wever et sa réaction à la nomination d’Elio Di Rupo au poste de formateur : « Cela n’apporte aucune valeur ajoutée. Soit on s’inscrit dans une logique en vue d’atteindre un accord, soit on ne le fait pas et on en tire les conclusions », soupire le président du CD&V. Renvoyer Bart et Elio dos à dos. Une stratégie de communication qui est partagée par plusieurs partis. Une manière pour le président du CD&V de se débarrasser du ballon.

Site web de la N-VA en français: les partis francophones pourraient faire la même chose

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 20 mai 2011 07h32 | 3 commentaires

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Les Flamands parlent aux Flamands: jusqu’à présent, la communication de Bart De Wever était relativement simple. Essentiellement dirigée vers ses électeurs, c’est à dire la Flandre. Côté francophone, il fallait se contenter des miettes. Bart De Wever et son équipe avaient, à l’exception d’un ou deux journaux, plutôt  peu de rapport avec la presse francophone. Incompréhension mutuelle : Bart De Wever reproche aux journalistes wallons et bruxellois d’être partisans. La presse lui reproche de refuser le débat. Les interviews de Bart De Wever à des journaux du sud restent rares. Sa présence sur les plateaux de télévision, un événement.  Depuis sa victoire électorale de l’an dernier, le président de la N-VA  nous a accordé l’une ou l’autre interview entre deux réunions, nous avons même pu réaliser quelques interventions en direct à la télévision, mais il n’est plus venu dans nos studios.

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« L’intérêt international envers notre programme n’a cessé de croître »

Un parti recroquevillé sur lui-même. La N-VA a entendu les critiques et a donc annoncé hier matin le lancement d’un nouveau site internet: international.n-va.be.  Officiellement, il s’agit d’un site destiné à un public international. Trois versions: anglais, allemand et français.

« Depuis que la N-VA a remporté une très large victoire lors des élections de juin 2010, l’intérêt international envers notre programme n’a cessé de croître. Le parti estime dès lors qu’il se doit de profiter de cette opportunité pour partager positivement son idéologie avec le reste du monde » explique le communiqué.  « Les étrangers qui résident et travaillent en Belgique seront également ravis de pouvoir compter sur ces renseignements » poursuit le communiqué, vous aurez noté qu’on s’adresse aux étrangers qui ne parlent pas le néerlandais. Les wallons et les bruxellois eux sont censés utiliser le site flamand.

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Un copié collé du site néerlandophone mais en moins riche

Que trouve-ton sur ce site ? Il s’agit en gros d’un copié collé du site néerlandophone mais en moins riche. Pas de vidéos,  par exemple et  côté communiqué de presse on n’a vraiment pas tout traduit. En revanche, même bannière orange et même photo de la Flandre qui gagne, des cyclistes, des jeunes femmes au travail. On soulignera d’ailleurs que la N-VA joue collectif : c’est bien une équipe qui est présentée ici, tout ne tourne pas autour de Bart De Wever.

Vous trouverez sur ce site une présentation du parti et de ses élus, des liens vers les différentes assemblée, y compris un lien vers la chambre fédérale, même si c’est le parlement flamand qui est mis en avant, et puis un petit dictionnaire succinct de la Belgique. A la lettre C, comme communautaire vous lirez : « Il ne s’agit  pas uniquement de conflits linguistico-culturels. Il y a aussi des visions fondamentalement différentes de la politique socio-économique, de l’immigration, de la justice. On a vu apparaître un déficit démocratique avec deux opinions publiques divisées »

Toujours à la lettre C, le mot corridor, pour un lien territorial entre la Wallonie et Bruxelles: «  La Flandre s’oppose à une telle conquête de son territoire »
S comme sécurité sociale: « Jusqu’à nouvel ordre  la sécurité sociale est fédérale en Belgique ».
A la lettre B vous trouverez BHV mais pas Bruxelles, et à la lettre W il n’y a rien sur la Wallonie.
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Les partis francophones pourraient faire la même chose

Sur ce site vous trouverez évidement aussi les communiqués du parti. Notamment le dernier d’entre eux  qui  indique que la N-VA attend avec impatience la note du formateur Elio Di Rupo. Soyons de bons compte, même si officiellement ce sont plutot les journalistes étrangers qui sont visés, c’est plutot positif que la N-VA fasse l’effort de mettre en ligne une version en français de son site. On suggère d’ailleurs que les partis francophones pourraient faire la même chose.
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N-VA: nous n’abandonnerons jamais Rhode-St-Genèse

Le matin la N-VA lançait son site en 3 langues. Le soir elle crée une nouvelle section locale à Rhode-St-Genèse, l’une des communes à facilités autour de bruxelles.  Nous n’abandonnerons jamais Rhode-St-Genèse et cette commune ne fera jamais partie de Bruxelles a prevénu le parti flamand. La N-VA ouvre sa communication. Elle n’a pas changé de programme.

Vote du budget: nouveau départ ou parenthèse dans le chaos ?

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, communautaire, fédéral , le 19 mai 2011 09h47 | 3 commentaires

Les députés ont étudié hier le projet de budget, département par département. Le vote est programmé pour 18 heures ce soir à la Chambre. Il y a traditionnellement toujours un peu de retard, mais ce sera le fait du jour.

chambre

On dit « le budget » mais sachez qu’il y a en réalité 3 documents distincts. Le budget des voies et moyens (ce sont les recettes de l’Etat fédéral), le budget général (ce sont les dépenses), et un exposé général qui n’est pas soumis au vote.

Si ce vote 2011 est d’ores et déjà historique, c’est en raison de la date. Il ne vous aura pas échappé que nous sommes au mois de mai. Habituellement le vote du budget doit intervenir au cours de l’année précédente. Les documents doivent être transmis au parlement avant la fin octobre et le vote de l’assemblée doit avoir lieu au plus tard le 31 décembre.

A l’automne dernier, l’équipe Leterme, en affaires courantes, ne pouvait pas se lancer dans cet exercice. Il a fallu que le roi intervienne et demande explicitement la préparation de ce budget pour qu’on torde le cou à notre calendrier budgétaire habituel. Ce qui va se passer aujourd’hui au parlement est donc bien une conséquence de la crise politique exceptionnelle que nous traversons.

En absence de budget, qu’ont fait les ministres? Ils ont gouverné selon le principe des 12èmes provisoires. Chaque mois, ils ne pouvaient engager plus que lors du budget précédent. Comme nous sommes dans un contexte de reprise économique, avec une croissance qui est même plus forte que prévue, cela a permis non seulement d’équilibrer les comptes, mais même d’afficher des résultats tout à fait acceptables si on les compare à la moyenne européenne.

Ce principe des 12èmes provisoires est maintenu. C’est en fait un budget d’une grande prudence qui va être voté ce soir. Quelques petites nouveautés, par exemple en matière lutte contre la fraude fiscale, une levée plus facile du secret bancaire, mais pas de grandes mesures dans le domaine des pensions. Pas d’allégement des charges sur le travail non plus. Ce sont des débats dont la Belgique a besoin à moyen ou long terme, mais tant qu’il n’y a pas de majorité claire, ce sont des débats gelés pour le moment.

Ce vote d’un budget reste un double message. Message vers les milieux économiques et financiers : même sans gouvernement, la maison Belgique reste une maison correctement gérée. Message politique aussi : le gouvernement Leterme continue de bénéficier d’une majorité. Ce soir les partis de la coalition sortante voteront positivement, tandis que sp.a et N-VA, qui appartiennent formellement à  l’opposition mais qui n’excluent pas d’entrer dans une future majorité, ont annoncé qu’ils s’abstiendraient.

La question est maintenant de savoir ce qui va suivre ce moment exceptionnel. Soit on considère que ce vote du budget est un point de départ. La preuve que l’équipe Leterme a une majorité et que finalement ce gouvernement pourrait se maintenir et redevenir en cas de crise prolongé un gouvernement de plein exercice. Soit on considère qu’il s’agit d’une parenthèse dans le chaos et que sitôt ce vote passé, les groupes parlementaires reprennent leur autonomie, avec des majorités recherchées au coup par coup, ce qui est évidemment l’inverse d’une majorité stable. Ce qui se passera dans les prochaines semaines à la Chambre dira finalement beaucoup sur les chances d’Elio Di Rupo d’aboutir à un accord.

La N-VA, tireur en embuscade

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, communautaire, decryptage, nva, ps , le 18 mai 2011 10h03 | 3 commentaires

belga-picture-271499201Il n’y aura pas d’Etat de Grâce pour Elio Di Rupo. Il n’aura fallu que deux heures à la N-VA  pour produire un premier communiqué au vitriol sur la déclaration du formateur. Réaction  signée non pas Bart De Wever, mais Ben Weyts, ce député qui est aussi vice-président du président du parti nationaliste, et qui est considéré comme l’un des durs de la N-VA sur la plan communautaire.

Que dit Ben Weyts ? D’abord qu’Elio Di Rupo commence comme informateur et non pas comme formateur puisqu’il a l’intention d’organiser des bilatérales. Une petite phrase calibrée télé  destinée à faire mal  mais un peu gratuite. On peut imaginer que si Elio Di Rupo avait organisé d’emblée une réunion à neuf les nationalistes se seraient montrés tout aussi critiques en estimant qu’il allait trop vite. Commencer par des bilatérales sur le plan socio-économiques n’est pas une hérésie : il n’y a pas eu de travaux préparatoires sur ce thème-là. Et même sur le plan institutionnel   si 3 partis (le PS, la N-Va et le Cd&V )ont été associés de près aux travaux des derniers mois, les autres partenaires  ont sans doute besoin d’un peu d’information avant de s’asseoir autour d’une grande table de discussion.

Deuxième critique de Ben Weyts : le formateur sait très bien ce que veut la N-VA, on lui répétera encore une fois si il a envie. Et il dresse un petit rappel des positions de son parti : des transferts de compétences qui s’accompagnent d’une responsabilité financière des régions et communautés, un effort budgétaire qui porte notamment sur la sécurité sociale, et des changements en matière de justice et de politique d’asile. En évoquant une politique d’assainissement de 17 à 20 milliards d’Euros on ne peut pas dire que le formateur a botté en touche, même si le président du PS a insisté pour que l’Etat fédéral garde aussi des moyens et que son fonctionnement soit assuré à terme. C’est l’un des enjeux de la négociation à venir. Entre la N-VA qui veut transférer des moyens vers les régions, sans se soucier du fédéral et les francophones qui acceptent à condition que l’Etat central ne soit pas asphyxié c’est une différence de fond.

Troisième critique ou demande  de Ben Weyts :  voir rapidement la note que promet le président du PS et connaître les partenaires qui accepteront d’en discuter. Le député N-VA se disait même « impatient » hier soir. Ce sera un moment crucial et  on touche là à un positionnement épidermique de la N-VA. Ne pas se retrouver dans un scénario qui ferait la part trop belle au SPA, le parti des socialistes flamands. Le SPA va se retrouver en position d’allié naturel du formateur, c’est la même famille politique, cela créé des liens, il y a surtout une relation de confiance entre Elio Di Rupo et Johan Vande Lanotte par exemple. La crainte pour Bart De Wevet  c’est de voir ce SPA dire  rapidement oui à la note Di Rupo et de constater qu’il y a un débat au sein du camp flamand, que toute la Flandre n’est donc pas unanime derrière Bart De Wever.  Si vous ajoutez que c’est le SPA qui détient aujourd’hui la mayorat à Anvers, et que ce poste de bourgmestre est sans doute l’ambition numéro 1 de Bart De Wever.  si vous ajoutez encore qu’une polarisation du débat entre la N-VA d’un côté, le SPA de l’autre, permet de radicaliser l’électorat flamand au détriment du Cd&V et de l’Open VLD (il est quand même étonnant que ceux-ci ne s’en rendent pas compte), vous comprendrez que la N-VA a tout intérêt, pour des raisons électorales, à jouer encore et toujours le durcissement.

Petit détail que je trouve assez savoureux : hier Elio Di Rupo, qui va probablement mener une partie de ses travaux dans les locaux de la présidence de la Chambre,  a fait sa déclaration dans le péristyle du parlement. Lieu prestigieux et solennel mais relativement ouvert, dans lequel ses équipes avaient pris soin d’ajouter un éclairage performant. Ben Weytz lui a répondu dans les jardins du parc royal. A vol d’oiseau, une centaine mètres, mais au milieu des bosquets. Comme si on se mettait à portée de tir, fusil pointé vers l’autre côté de la rue de la rue de la loi mais au milieu des promeneurs et dissimulé derrière une haie. La NVA ne pouvait pas mieux dire qu’elle n’est pas un parti de gouvernement et qu’elle reste  en embuscade.

Etre formateur, ce n’est plus incarner le front francophone

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, decryptage, nva, ps , le 17 mai 2011 09h11 | 3 commentaires

rupa

Albert II a donc tranché et Elio Di Rupo s’exprimera dans quelques heures. Tentons d’y voir clair entre ces deux étapes.

Le choix d’Elio Di Rupo d’abord. Il est sans surprise. Albert II avait deux possibilités devant lui : soit nommer Bart De Wever  soit préférer Elio Di Rupo. Pas d’autres candidats et il était exclu que les deux hommes forment un tandem.  Entre l’aventure et les difficultés, il n’y avait en réalité qu’une seule solution, c’était le président du Parti Socialiste.

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Pourquoi le terme formateur est-il employé aujourd’hui ?

Le fait de lui donner le titre de formateur n’est pas un détail. Depuis les élections, cette terminologie n’a jamais été employée. Lors de sa précédente mission, Elio di Rupo était préformateur. Nous avons eu droit à 2 informateurs, à des médiateurs,  à un clarificateur, un conciliateur et à un négociateur mais jusqu’à présent Albert II avait évité ce terme classique de formateur. Terme qui dit bien que la mission du président du PS est maintenant de former un gouvernement. Pourquoi ce terme est il employé aujourd’hui ?  Pas parce que nous serions en vue d’un accord. La vérité c’est que les points de vue restent très opposés. Mais parce qu’il n’est plus possible de reculer l’échéance. Soit on aboutit désormais à une vraie reprise des négociations, soit il faudra constater que la formation d’un gouvernement n’est vraiment pas possible.

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Di Rupo va pouvoir organiser le boulot selon ses convictions

Il est important de noter que l’ordre de mission du palais ne comporte aucune restriction. Ni dans le temps, ni dans la méthode, ni dans la coalition recherchée. Cela veut dire qu’Elio Di Rupo a les mains libres. Il va donc pouvoir organiser les travaux  selon ses propres convictions.  Ces dernières semaines, les intentions du parti socialiste étaient  relativement claires : dissocier les discussions socio-économiques d’un côté et les discussions institutionnelles de l’autre. Inviter un grand nombre de partenaires à s’asseoir à la table de négociation, viser large si vous voulez, pour éviter d’être pris en otage par l’un ou l’autre, et enfin maintenir les socialistes flamands à bord pour avoir une coalition gauche-droite la plus équilibrée possible. Trois points qui sont donc en contradiction avec les souhaits de Bart De Wever, autant vous dire que la partie n’est pas gagnée et que le bras de fer va se poursuivre. L’avantage du titre de formateur est donc qu’il donne les mains libres et une forme d’autorité au président du PS. A lui d’organiser les travaux. A lui d’inviter les participants. A lui de mettre un texte  sur la table.  Elio di Rupo, en prenant cette charge va changer de casquette.  Etre formateur ce n’est plus incarner le front francophone :  sa mission est maintenant de convaincre une majorité de partenaires côté flamands  d’amener les deux camps à faire des concessions. En un mot de négocier. Avec une recette finalement simple :  partir d’un compromis pour bâtir une coalition, et non plus partir d’une coalition hypothétique pour espérer un accord improbable, soit renverser le problème et le prendre par l’autre bout.

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Entrer dans une vraie discussion

L’avantage de la formule formateur c’est donc de faire entrer tout le monde de gré ou de force dans une vraie discussion. La première mission d’Elio Di Rupo sera donc celle-ci : pousser l’ensemble des partis politiques  soit à accepter la discussion qu’il va lancer soit à  annoncer eux même qu’ils décident  d’en sortir.  On ne peut pas avoir un pied dedans et un pied dehors dans une phase de formation. Si certains partis pressentis n’ont pas réellement envie de faire des concessions, et donc pas réellement envie de  négocier , aucun d’entre eux n’a non plus envie d’assumer une mise  à l’écart.   Un ‘ni négociation, ni opposition » dont joue admirablement la N-VA et duquel les autres formations n’osent pas sortir. Le paradoxe du formateur est là :  transformer ce qui est depuis 11 mois une difficulté centrale, en un atout.

« Bon courage » au roi dans ce climat d’incompréhension grandissant

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, cd&v, communautaire, fdf , le 16 mai 2011 09h12 | 8 commentaires

Ce matin, le roi Albert II devrait commencer par recevoir le Premier ministre Yves Leterme. Il ne faut pas y voir de signe particulier, le Premier ministre fait traditionnellement rapport au roi tous les lundis matin, même si les deux hommes aborderons sans doute la situation politique du moment. Dans la tournée des présidents entamée jeudi, trois présidents n’ont pas encore été  invités par le palais et seront donc sans doute reçus aujourd’hui. Caroline Gennez pour le sp.a, Jean-Michel Javaux pour Ecolo et Wouter Van Besien pour Groen!.

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Cette journée du lundi reste une journée délicate. C’est le jour des bureaux de parti. Les états-majors vont donc en profiter pour tester au sein de leur propre formation les différentes hypothèses qui circulent. Il n’est pas exclu que par interview ou communiqué interposés, on ne voit apparaître soit  de nouvelles propositions, soit de nouvelles exclusives. L’idée dans les deux cas étant de faire pression sur les partenaires et d’essayer d’influer sur les choix du palais.

Manoeuvre pour mettre Groen! et le sp.a hors-jeu

Vendredi effectivement la situation restait particulièrement bloquée. En indiquant qu’il voulait choisir l’aile flamande de la coalition, Bart De Wever tente une nouvelle fois d’imposer son point de vue. Tout le monde sait qu’exclure Groen!, c’est aussi exclure Ecolo. Il suffit  par ailleurs de faire un petit calcul pour se rendre compte que NV-A, CD&V et Open VLD pèsent ensemble 57 sièges. Si on veut dépasser la majorité des deux tiers, il faut donc un minimum de 43 sièges coté francophone. Le PS est donc obligé d’embarquer le MR, 26+18 = 44 sièges. Et encore, sachant qu’il y a parmi ces élus deux députés FDF, cela reste juste. Ajouter le cdH ne serait donc pas du luxe. Voici donc une exigence qui se présente comme anodine: je veux choisi l’aile flamande. Elio pourra choisir côté francophone, qui est en réalité un choix global. On notera aussi que la fameuse clef 60/40 vaut donc quand on veut financer des projets, elle ne vaut pas quand il s’agit de réformer l’Etat.

De Clerck et Maingain symbolisent la fracture Flamands/francophones

Ce week-end, on notera aussi un net regain de tension autour de l’amnistie. Sur RTL hier, Olivier Maingain a laissé tous les partis flamands au tapis. Une partie du monde politique flamand bascule hors du champ de la démocratie, a-t-il asséné. Allusion à la prise en considération d’une proposition de loi sur l’amnistie des collaborateurs de la seconde guerre mondiale. Sur le RTBF, le ministre de la Justice Stefaan De Clerck plaidait en sens inverse : « on doit être adulte, accepter d’en discuter et oublier le passé. » Tollé général côté francophone. D’abord des réactions individuelles de parlementaires : « du révisionnisme à l’envers », dit Christine Defraigne. « Chaotique » pour Françis Delpérée, « scandaleux » pour Philippe Mahoux avant que ne sorte finalement un communiqué officiel côté PS … En temps normal, le ministre de la Justice aurait été amené à s’expliquer. Comme ce ministre vient déjà de vivre une quinzaine très particulière avant le débat sur la remise en liberté potentielle de Michèle Martin et que nous sommes en affaire courantes, Stefaan De Clerck ne risque pas grand-chose. Si ce n’est de servir de thermomètre. Et de constater que sa sortie et celle d’Olivier Maingain illustrent un climat d’incompréhension grandissant entre francophones et Flamands. On souhaite bon courage et bonne semaine à Albert II.