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Archives du avril, 2010

Dewael contrôle, tout le monde se calme

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, communautaire , le 29 avril 2010 17h23 | Commentaires fermés

BELGIUM BRUSSELS POLITICS CHAMBER PLENARY SESSIONIl a maitrisé les débats. Patrick Dewael a appliqué le règlement à la lettre cet après midi à la chambre. L’affaire n’aura pas durée plus de 15 minutes. En début de séance, le président de la chambre a  commencé par un petit retour en arrière, condamnant  l’attitude du Vlaams Belang qui a profité de la confusion jeudi dernier pour investir l’hémicycle et chanter l’hymne flamand. Il est alors  fortement applaudi sur tous les bancs sauf ceux du VB.     

Dans la foulée il confirme que les chefs de groupe francophones ont bien enclenché la procédure  de la sonnette d’alarme, demandant que l’on renvoie les propositions de loi sur la scission de BHV au gouvernement.  Et le président de fermer la porte immédiatement à d’éventuelles contestations : le  fait que le gouvernement soit démissionnaire n’y change rien, a-t-il ajouté. En revanche ce gouvernement, même démissionnaire, devra se prononcer dans un mois.   En début de séance seul le Vlaams Belang a protesté. En pure perte. En fin de séance la NVa va tenter une nouvelle manœuvre : le parti de Bart De Wever annonce le dépôt d’une résolution demandant au gouvernement de scinder l’arrondissement pour les prochaines élections. Il y a fort peu de chance que cette demande puisse réunir une majorité. CD&V et Open VLD ont posé un choix clair : être légaliste et ne pas bousculer la constitution. On a même pu entendre Servais Verherstraten, chef de groupe des sociaux chrétien flamand, déclarer que la solution négociée du dossier BHV restait un objectif.  La majorité sortante est restée digne et a évité la sortie de route. Le modèle Belge en ressort abîmé mais vivant. C’est rassurant.

Peut-on éviter le chaos demain à la chambre ?

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire , le 28 avril 2010 15h34 | Un commentaire>

Ils se sont retenus pendant longtemps. Ils ont même fait preuve de réserve pendant que les négociations étaient en cours, mais les partis flamands sont désormais lancés. La campagne électorale sera une campagne communautaire. Et on va cogner dur sur les partis francophones.

A l’origine bien sûr il ya l’open VLD. Ces  négociations tournaient en rond, les francophones ne voulaient pas réellement d’un accord : les libéraux flamands vont donc pouvoir faire campagne sur leur détermination,  « nous sommes le parti qui a dit stop aux francophones ».

Depuis hier le CD&V a emboîté le pas. Si vous avez vu le journal de RTL TVI hier soir vous avez pu voir Tony Van Parys, ancien ministre de la justice, qui n’est pas un excité communautaire,   expliquer  devant les caméras qu’il faut  « une révolution institutionnelle, le modèle fédéral ne fonctionne plus », et de conclure que le CD&V a fait tout ce qu’il pouvait, mais que maintenant « c’est fini. » 

Radicalisme encore d’ Eric Van Rompuy qui s’adresse aux journalistes francophones :

« Vous ne réalisez pas la volonté de la Flandre de réformer cet état, si vous ne voulez pas finalement il n’y aura plus d’état, on est très près de cela ». Le message du CD&V est donc clair : il faut une réforme de l’état profonde, passer au confédéralisme, BHV n’est qu’un hors d’œuvre.

 

Déjà certains bourgmestres CD&V de la périphérie expliquent depuis hier qu’il sboycotteront l’organisation des élections puisque l’arrondissement n’est toujours pas scindé.

Dans l’opposition Bart De Wever  en rajoute une couche : il est temps de  « réaliser cette révolution copernicienne qui doit conduire les Flamands à miser le maximum sur les entités fédérées« , explique-t-il.

Avec toutes ces données en main vous comprenez bien que la séance de jeudi à la chambre risque d’être homérique. Oui les partis flamands vont essayer d’ouvrir un maximum d’article de la constituions à révision de manière à pouvoir assurer une grande réforme de l’état. Oui ils vont tenter de passer en force sur Bruxelles Hal Vilvorde et tenter d’imposer un vote flamand contre francophone. Et oui, si les francophones activent la sonnette d’alarme il y aura bien un débat pour voir si cette sonnette d’alarme est valable  ou pas avec un gouvernement en affaires courantes. Et  oui certains flamands pourraient bien tenter de ne pas attendre la fin du débat entre éminents constitutionnalistes, et voter une liste d’articles flamands contre francophones (une majorité simple suffit). Cette séance de demain pourrait au final être au dialogue communautaire ce que le  Eyjafjöllkul fut au trafic aérien : un chaos total. Pour les chefs de groupe à la chambre, l’urgence est de ramener le calme dans les travées.

Le pire ce qu’est ce n’est qu’un début. Après la campagne électorale  il y a aura la formation d’un gouvernement. Les demandes flamandes seront très importantes. Les chances de trouver un compromis sur BHV toujours aussi mince. Car si les propositions de compensations imaginées par Jean-Luc Dehaene ont pu sembler inférieures à celles avancées par Guy Verhofstadt il y a 4 ans, il faut désormais s’attendre à ce que les propositions acceptables par les partis flamands dans le cadre  de négociations futures soient encore moins importantes. Négociation ratée après négociation ratée, on s’éloigne du compromis à la belge et on se rapproche de la grande confrontation. Avec des chances réelles de voir au final l’état fédéral se détricoter. Et d’entendre des historiens nous expliquer dans quelques années que les partis francophones ont été bien sots de ne pas accepter le paquet Dehaene.

Le roi a accepté la démission du gouvernement

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, flandre , le 26 avril 2010 19h50 | Commentaires fermés

Albert II a accepté la démission du gouvernement Leterme annonce un communiqué publié à 18H30. C’est donc un constat d’échec : les conditions pour relancer des négociations rapidemenent n’étaient pas réunies. Ce soir on s’attend à ce que le roi lance de nouvelles consultations. Celles-ci pourraient déboucher sur la formation d’une nouvelle majorité (remplacement de l’Open VLD par le SPA, ou installation d’une majortié Olivier). En cas de nouvel échec les dates avancées pour des élections seraient le 7 ou le 13 juin.

Fin de la mission Reynders

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 26 avril 2010 17h37 | Commentaires fermés

Un communiqué du palais annonce ce soir que Didier Reynders a demandé à être déchargé de la mission qui lui avait été confiée samedi : examiner si les conditions d’une reprise du dialogue était ou non possible. Le roi accepté cette demande. La situation semble bloquée : l’open VLD maintient son ultimatum pour un accord avant la prochaine séance pleiniere de la chambre, jeudi à 14 heures.

Dehaene est mort, mais sa note bouge encore

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, decryptage , le 26 avril 2010 10h36 | 2 commentaires

FRANCE EU PARLIAMENTLa note Dehaene est-elle aujourd’hui le meilleur compromis possible ? Cette proposition de compromis est-elle meilleure que celle imaginée il ya 5 ans par Guy Vehofstadt ? Les partis flamands peuvent-ils aller au delà de ce texte ? Ce ne sont  pas, convenez-en,  des questions de détail. Tentons d’y répondre.

Hier soir Didier Reynders a donc fait un rapport au Roi, et on raconte partout dans la presse ce matin que la tonalité de ce rapport étant positive, et que les négociations vont pouvoir reprendre. On devrait en avoir la confirmation ce matin. Comme tous les lundis le premier ministre Yves Leterme aura un entretien avec Albert II (le chef de gouvernement informe le souverain chaque semaine). Le roi chargera alors probablement une personnalité  (Yves Leterme ?  les ministres des réformes institutionnelles ?) de mener une négociation au finish. On s’attend à ce que le palais publie un communiqué en ce sens. Est-ce que tout sera réglé ? Non, d’abord parce qu’il y aura en fin de matinée une très importante conférence de présidents à la chambre. La conférence des présidents c’est un peu le bureau exécutif, le lieu où l’on organise  les travaux. On y retrouve le président de la chambre, Patrick Dewael, les vice-présidents, les chefs de groupe de la majorité et de l’opposition, et des représentants du gouvernement.

Tout à l’heure les partis flamands demanderont lors de cette conférence des présidents  que l’on mette la scission de Bruxelles Hal Vilvorde à l’ordre du jour de la séance de jeudi, histoire de voter la proposition de scission pure et simple s’il n’y a pas d’accord avec les francophones. Côté francophone on expliquera sans doute qu’on ne peut pas négocier avec un revolver sur la tempe.  Enervement en perspective, le point ne sera probablement pas réglé ce midi (dans ce cas ce sont les députés qui votent sur l’ordre du jour). Cette conférence des présidents c’est  donc le premier écueil qu’il faudra franchir.

Seconde difficulté, l’accord en lui même. En 3 jours on sait que cet accord n’entrera pas dans les détails. Il définira juste les buts à atteindre, avec suffisamment de précision quand même pour qu’il n’y ait pas de mauvaise surprise,  la méthode à employer pour atteindre ces objectifs et puis surtout l’accord sera exclusif. Ce qui n’est pas dans l’accord de jeudi ne sera pas abordé. Dans ce projet d’accord il n’y a pas l’élargissement de la région Bruxelloise par exemple. Cela veut dire qu’on ne discutera pas de cet élargissement pendant les négociations. C’est donc un désaveu de la position francophone. Désaveu relatif : l’élargissement contre la scission, tout le monde sait que c’était une posture de négociation. Comme la scission n’est pas pure et simple les francophones auront d’autres compensations. On peut en faire la liste : sur le plan électoral les habitants des communes à facilités pourront continuer à voter pour les listes de l’arrondissement de  Bruxelles. Pour les francophones des autres communes, il y aurait un apparentement avec les listes du Brabant-wallon, je ne vais pas rentrer dans les détails aujourd’hui, on y reviendra si l’accord se confirme. Sachez aussi que la note Dehaene prévoit bien la scission de l’arrondissement judiciaire, les communes à facilités ne seraient pas concernée et évoque le refinancement de Bruxelles mais pas à hauteur des 500 millions que demandait Charles Picqué.

 

Comparons avec 2005 : les néerlandophones feraient quelques concessions majeures et symboliques ( abandon de la tutelle régionale sur les bourgmestres, fin de la parité linguistique dans la fonction publique bruxelloise au plus haut niveau, apparentement avec le BW).  En revanche la scission de l’arrondissement judiciaire, celle de l’arrondissement électoral pour le sénat et les européennes seraient des gains flamands. Surtout les francophones devraient renoncer à la possibilité de la communauté française de financer certaines activités culturelles (bibliothèques, écoles, centre culturel) dans les communes à facilités.

En début de semaine dernière les francophones jugeaient ce troc insuffisant. Les 4 présidents de parti exigeaient l’inscription de nouveaux points.  C’est ce qui a poussé Jean Luc Dehaene à s’éclipser.  A la suite de cet épisode, il y a eu le retrait de l’Open VLD, et la suspension des négociations. Finalement une semaine plus tard on risque de revenir à la note Dehaene. On ne la reprendra sans doute  pas telle quelle, parce que ce serait un camouflet pour les francophones. On devrait donc aménager la note sur l’un ou l’autre point. Mais fondamentalement, si les négociations reprennent, ce sera bien sur base de ce document.  Depuis 3 jours le libéral Alexander De Croo ne manque pas une occasion de rendre hommage au social chrétien Jean Luc Dehaene.  Dans les heures qui viennent l’Open VLD pourra sous doute expliquer, côté flamand, que son coup de force a finalement ramener les francophones à la raison, et que cette note Dehaene, refusé mardi dernier, est en deuxième semaine.

Crise de régime ou crise de nerfs ?

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, decryptage , le 23 avril 2010 10h47 | Un commentaire>

belang3Cela restera  une image symbole de cette crise. Vous l’avez vue hier à la télévision : ce sont ces députés du Vlaams Belang, l’extrême droite flamandem qui entament le Vlaams Leeuw dans l’hémicycle de la chambre. Le chant patriotique flamand, dans l’enceinte fédérale, une provocation symbolique, qui sert d’abord à faire la promotion de ce parti, mais l’image a fait le tour du monde. Cette anomalie symbolique est comme un raccourci de cette  journée d’hier.

Qu’est ce qu’une crise ? Fondamentalement c’est une rupture d’équilibre. Un moment ou se révèlent des contradictions, un moment ou les sentiments sont exprimés avec une très grande force, un moment aussi ou règne l’incertitude. Cela se caractérise, dans le domaine médical par  la  souffrance (crise de foi, crise de goutte) et cela peut être fatal (crise cardiaque).

Une crise peut être latente métalée dans le temps (période de crise), elle peut être aussi soudaine et déboucher sur des manifestations brusques ou même violentes. Hier soir lorsqu’un millier de manifestant se sont retrouvés à Vilvorde au milieu des drapeaux flamands, on a bien compris que notre crise est provoquée le choc de deux volontés contradictoires : celle des flamands et celle des francophones. Cet affrontement, contrairement à ce qu’on entend souvent  ne concerne pas « que » les politiques, quand des citoyens sont prêts à descendre dans la rue ou à mettre un drapeau à la fenêtre ils  montrent que la crise les affecte. Le drame serait évidemment que cette crise ne dégénère en affrontement.

L’antagonsime, surtout lorsqu’il est communautaire efface les clivages internes et décuple les énergies. Hier soir à Vilvorde la NVA de Bart de Wever défilait avec la liste  Dedecker et le Vlaams Belang,  alors qu’en théorie ces 3 partis sont concurrents. Même effet coté francophone : depuis 48 heures nos 4 partis sont exactement sur la même longueur d’onde. Ils ont déjà annoncé l’étape suivant de la crise : si les partis flamands veulent voter leur proposition de scission sans compensation, ce sera la procédure de sonnette d’alarme, le dossier sera alors renvoyé au gouvernement, mais comme ce gouvernement est démissionnaire, vous voyez bien le blocage et le risque de pugilat généralisé par constitutionnalistes interposés.

Pour l’instant notre crise est donc une crise gouvernementale. L’équipe d’Yves Leterme est démissionnaire, même si pour l’instant le roi n’a pas encore accepté cette démission.  Si  il n’ ya pas d’accord sur Bruxelles Hal Vilvorde,  que l’on ne s’offre ou pas quelques jours de délai supplémentaires, la crise entrainera de nouvelles élections.  Paradoxe : ces élections ne résoudront pas la crise.  Pire : le problème constitutionnel n’étant pas réglé, la validité de l’élection, ou même son organisation dans l’arrodissement concerné risque d’être problématique. La scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, c’est désormais une évidence,  est un problème qui ne peut plus attendre. On peut même dire que tant qu’il ne sera pas résolu il n’y aura pas de gouvernement. Le danger ne relève plus du fantasme : tout les docteurs vous diront que, faute soins, on peut  passer d’une crise gouvernementale à une crise de régime. Ce serait le signal que nos institutions ne fonctionnent plus. Dans ce cas là tout est possible, une nouvelle grande réforme de l’état  ou même la fin de la Belgique. Il faut toujours se rappeler qu’entre crise et révolution, dans le dictionnaire il n’y a qu’un pas.

Alors bien sur on peut espérer qu’on évitera le pire. Que par exemple l’open VLD, sensibilisé par Albert II, accorde un délai, que les négociateurs trouvent un accord rapidement, que celui-ci soit accepté par tous les partis de la coalition.  Qu’en une semaine et sous la pression on résolve un problème qui gangrène la politique belge depuis 40 ans. Cela  relève de l’utopie…l’open VLD aurait bien du mal à justifier son revirement et nous en serions quittes alors, pour une simple crise de nerf.

Le Front francophone éjecte Dehaene

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire , le 21 avril 2010 21h27 | 3 commentaires

Tout est allé très vite, et Jean-Luc Dehaene a pris les négociateurs de vitesse hier soir. Ce fameux communiqué du médiateur est parti à 21H08. Suffisamment tôt  pour qu’il soit repris dans tous les journaux de ce matin. Suffisamment tard  pour empêcher les autres négociateurs de le commenter. Au moment où le communiqué part francophones et flamands sont d’ailleurs en réunion. Jean Luc Dehaene a aussi choisi une manière de procéder peu habituelle : nommé par Albert II c’est théoriquement au roi qu’il aurait du faire rapport et pas auprès de l’opinion publique. Voilà pour la forme. Sur le fond on retiendra que Jean-Luc Dehaene, après avoir rappelé l’écart qui sépare les deux communautés, n’a pas abouti à un accord, mais qu’il estime que les bases de négociations sont là. Il précise que sa mission est  terminée et conclu en indiquant qu’il va prêter assistance aux négociateurs.

En clair Jean Luc Dehaene lance des négociations. Il reste présent, mais c’est désormais à Yves Leterme de diriger les débats. Jean-Luc s’esquive. Hier soir les discussions se sont donc poursuivies jusqu’à 23H30. 2 heures et demi après ce communiqué. Le passage de témoin a donc bien eu lieu. Il faut bien parler de nouvelle phase et pas réellement d’une rupture.

Pourquoi Jean-Luc Dehaene a-t-il fait un pas de côté ? Tout simplement parce que sa personnalité et sa méthode crispaient les francophones. En milieu de journée il y avait déjà eu une déclaration d’Olivier Maingain sur le site du journal le soir qui qualifiait ses propositions « d’imbuvables ».  Cela avait fait monter la température d’un cran. Lorsque les négociateurs se sont retrouvés à 16H30 Dehaene a du constater un blocage. Les francophones, qui s’étaient vu un peu avant pour accorder leur position lui ont effectivement fait savoir qu’ils n’acceptaient pas le projet d’accord tel qu’il le présentait. Pas assez de compensations pour les francophones : Didier, Elio, Joëlle et Jean-Michel se sont relayés pour le dire (d’après l’une de mes sources c’est même Reynders qui aurait plaidé pour le refinancement de Bruxelles tandis que Di Rupo évoquait la nomination des 3 bourgmestres MR-FDF, jeu de rôle destiné à montrer que le front francophone est une réalité).

Au passage il faut noter que les francophones sont plutôt dans une position favorable dans ces discussions  : les 4 présidents de partis se connaissent depuis longtemps. La plupart d’entre eux ont suivi de prêt les discussions de 2005, alors qu’en face Marianne Thyssen pour le CD&V et Alexander de Croo pour le VLD conduisent leur première discussion communautaire. Alexander De Croo mène même son premier combat de (très jeune) président. Le plus expérimenté coté flamand, mais le plus radical aussi  est don bien Jean-Luc Dehaene.

Yves Leterme peut-il réussir et réussir si possible avant jeudi ? Ce n’est pas sur du tout. Ce n’est pas non plus impossible. Les représentants francophones indiquaient hier soir que l’ambiance restait positive, même si les difficultés sont réelles.

Conséquence de cette nouvelle donne, autour de la table il y avait 3 négociateurs CD&V hier soir : Leterme, qui pilote, Dehaene qui assiste et Marianne Thyssen la présidente du parti. Ajoutez le chef de cabinet d’Yves Leterme lui même élu d’une commune à facilité, ça fait beaucoup de monde alors que les autres partis ne sont représentés que par leur seul président. Du coup  côté francophone on se demandait tout haut s’il ne fallait pas revenir à un système de délégation plus large. Côté MR cela voudrait dire rappeler Olivier Maingain. Cela ferait bien sur hurler les partis flamands.

Un peu après minuit Yves Leterme a publié un petit commentaire sur Twitter : je vais dormir en attendant une réunion du kern (conseil restreint). Les journées vont être denses. Je crois que le premier ministre ne peut pas se tromper.

Dehaene annonce le lancement de véritables négociations

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire , le 20 avril 2010 21h32 | Commentaires fermés

Le médiateur royal a publié peu avant 21H30 un communiqué où il fait le point sur sa mission. Il annonce l’ouverture d’une seconde phase, qui se basera sur des propositions de lois qu’il a rédigé. Extrait de ce communiqué :

Ces propositions de loi constituent un tout qui tend vers un compromis équilibré entre des thèses souvent contradictoires. Elles sont destinées à servir de base à la négociation. Il n’y a, par conséquent, pas d’accord sur l’ensemble de ces propositions. Tel n’était du reste pas l’objectif poursuivi. Mais dans la mesure où il y a une volonté politique en ce sens, je pense que ces propositions pourraient constituer la base d’un accord. La discrétion dans laquelle j’ai pu travailler, à quelques exceptions près, montre que mes interlocuteurs avaient cette volonté. La discrétion était en effet une nécessité absolue pour pouvoir parvenir à des résultats. Pour la même raison de discrétion, je ne rendrai pas mes propositions publiques.

 

Avec ces propositions, j’ai rempli la mission que le Roi m’a confiée. A la demande du Premier Ministre et des présidents de parti, j’ai accepté de prêter assistance lors des négociations.

 

 

BHV : la pression est sur les présidents

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire , le 20 avril 2010 12h54 | Commentaires fermés

FRANCE EU PARLIAMENTToute la journée hier Jean-Luc Dehaene et Yves Leterme ont multiplié les contacts à géométrie variable/ D’abord les présidents des partis flamands puis avec  les président francophones.  Entre les deux des contacts bilatéraux avec les uns ou les autres et puis finalement la grande réunion. Celle ou francophones et flamands s’assoient autour d’une même table. C’est la première fois qu’une telle réunion a lieu depuis que Jean Luc Dehaene a été nommé.  Les négociateurs se sont retrouvés vers 21 heures 30 dans un endroit tenu secret. Ils se sont séparés  un peu après une heure du matin.

Ce matin dans la presse vous trouverez plusieurs pistes de ce qui pourraient être sur la table. Tous les négociateurs insistent : ces pistes ne sont pas forcément la solution qui sera adoptée en bout de course.

En réunissant les présidents de parti Jean Luc Dehaene, désormais associé au premier ministre, a changé de vitesse.  C’est classique et malin. D’abord il donne de l’espace à la discussion. Le président de parti, lors d’une négociation, est le seul à pouvoir engager sa formation politique sans devoir rendre de compte à qui que ce soit. Il peut le faire dans tous les domaines. Avantage évident : un président de parti peut évoquer la tutelle des communes à facilités comme  le refinancement de Bruxelles, parler d’un côté de l’assurance chômage et de l’autre des arrondissements judiciaires. C’est la seule manière d’aboutir à un accord où chaque communauté peut se retrouver. Ce qui implique que ce président qui négocie doit à la fois être un spécialiste communautaire en puissance et en même temps un politique  tout terrain. Elio Di Rupo et Didier Reynders ont à leur disposition une palette de négociation plus grande que Philippe Moureaux et Olivier Maingain pour prendre ces deux exemples.

Ensuite le président de parti engage son autorité et son avenir politique. En cas d’échec de la négociation celui qui claque la porte prend le risque d’être sanctionné par les électeurs. En concentrant la négociation à niveau là, Jean Luc Dehaene met l’ensemble des acteurs face à leurs responsabilités. Veulent-ils oui ou non un accord ? Là il y a un peu un jeu de rôle et de stratégie : quand on quitte la table de négociation en premier tous les autres vous montrent du doigt et vous portez la responsabilité de l’échec. C’est ce qui s’était passé pendant le gouvernement Verhofstadt. Spirit avait été le premier parti à dire non, aujourd’hui c’est un parti qui a disparu de la scène politique. Les lunettes vertes du président Lambert sont les seules à avoir surnagée. La pression qui, ces dernières semaines était concentrée sur Jean Luc Dehaene est désormais répartie à parts égale sur l’ensemble des présidents qui participent à la négociation. Des présidents qui peuvent bien sûr continuer à s’appuyer sur leurs conseillers et autres spécialistes des affaires institutionnels. Dans certains moments clefs des négociations ces présidents devront toutefois prendre seuls, des décisions cruciales. Ca sera surement l’un des arguments de Jean-Luc Dehaene : messieurs-dames, montrez à ce moment là qu’en plus d’être un président de parti, vous êtes un homme ou une femme d’état.

Renaix, ses plaques, sa folie communautaire

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire , le 16 avril 2010 18h22 | Un commentaire>

renaixCe matin je vous emmène dans une commune à facilités, qui n’est pas dans l’arrondissement Bruxelles Hal Vilvorde. On parle presque toujours des 6 communes à facilités de la périphérie bruxelloise, mais il faut se rappeler qu’il ya au total 27 communes à facilités.  Cela date de deux lois de 1962 et 1963. Dans la loi on ne dit d’ailleurs pas « commune à facilités » on dit « commune à statut spécial pour la protection de leur minorité ».  Cela concerne des communes où la langue officielle est le néerlandais, et ou on accorde des facilités aux francophones, c’est le cas de Kraainem, Wezembeek- Oppem, ou des Fourons par exemple.

Il y a des communes ou c’est l’inverse :  langue officielle le français et facilités proposées aux néerlandophones : Comines-Warneton, Enghien, Flobecq, Mouscron.

Des communes ou la langue officielle est l’allemand, avec facilités pour les francophones : Amblève, Eupen, la Calamine, Bullange, Saint-Vith.  Des communes de langue française avec facilités pour les germanophones : Waimes et Malmedy.

Ce matin je vous emmène donc à Renaix, Ronse en néerlandais. Commune à facilité de la région flamande, langue officielle le néerlandais et facilités pour les francophones. Renaix c’est en Flandre orientale, dans les Ardennes flamande. 28 000 habitants une magnifique église Saint Hermes et une crypte du moyen âge. Rudy Demotte y est né et notre administrateur délégué,  Philippe Delusine – j’espère qu’il m’écoute c’est bon pour mon avancement- m’assure que c’est une ville qui vaut le détour.

Le bourgmestre de Renaix c’est Luc Dupont. Comme son nom ne l’indique pas c’est un flamand, membre du CD&V. C’est  même un flamand très convaincu. Il dirige la commune avec l’aide de la NVA, le parti de Bart De Wever. Il ya deux ans Luc Dupont a écrit au premier ministre Yves Leterme pour lui demander qu’on supprime les facilités dans sa ville de manière à renforcer son caractère flamand. Le premier ministre, prudent,  n’a pas répondu.

Pas de réponse, on va faire comme ci. Fin de l’année dernière les autorités locales ont fait poser une plaque de nom de rue rédigée uniquement en  néerlandais,  alors que dans une commune à facilité la plaque doit être bilingue. En l’occurrence la rue Cipriano de Rore, qui comme son nom ne l’indique pas non plus, était un musicien renaisien, donc flamand ,du XVIe siècle. Le FDF avait protesté, question au parlement, la plaque avait finalement été retirée. Mais vous avez bien compris  l’idée à Renaix on ne veut plus de plaques de nom de rues bilingues, on veut des plaques flamandes.

Ces derniers temps on s’est rendu compte à Renaix que les plaques bilingues avaient  tendance à disparaître. Il y a déjà une 20aine de plaques qui auraient été étrangement retirées, sans qu’on sache s’il s’agit de l’œuvre de militants flamands, ou de francophones nostalgiques qui   voudraient se procurer un objet de collection.

L’un des dictons locaux, je n’invente rien, c’est « Saint Hermès guérit les fous des environs et laisse les habitants de Renaix tels qu’ils sont… » 

A Renaix dans le folklore local il y a aussi une fête des fous, et vous savez ce que c’est un fou ? C’est quelqu’un qui est à côté de la plaque.

 

L’image ci contre est empruntée au site de la ville : www.ronse.be