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Archives du mars, 2010

Injures à répétitions

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo, ps , le 24 mars 2010 12h13 | 2 commentaires

BELGIUM POLITICS PLENARY SESSION WALLOON PARLIAMENTClaude Eerdekens est un personnage. Depuis qu’Andenne existe, c’est à dire depuis la fusion des communes en 1976, il est bourgmestre de la cité. Pas n’importe quel bourgmestre un bourgmestre élu à la majorité absolue élection après élection. Aujorud’hui le PS compte à Andenne 19 sièges sur 27, difficile de faire plus confortable. Claude Eerdekens est donc le patron des socialistes d’Andenne, un patron incontesté et incontestable. On va le dire franchement : cela tombe bien il n’apprécie pas la contestation en particulier lorsqu’elle vient des verts. Cela commence dès les années 90 avec une conseillère communale écolo Pascale Toussaint, qui va porter leurs différends en justice. Cela continue en 2008. Au conseil communal, en mars, Claude Eerdekesn s’en prend au chef de groupe écolo d’Andenne à l’époque Hugues Doumont. Plutôt qu’un long discours j’ai fait une petite plongée dans les archives de RTL . Voici ce qui s’est dit à l’époque. La télé locale Canal C était présente, ce sont ses images qui avaient été cédées à RTL TVI.

 

 

Un mot d’explication : quand Claude Eerdekens accuse les écolos de détourner l’argent des contribuables c’est parce qu’ils reversent une partie de leurs indemnités d’élus à leur formation politique. Salopard, démagogue de basse cour. A plusieurs reprises dans sa carrière Claude Eerdekens a fustigé ce qu’il appelle les khmers verts, les traitants d’eunuque politique, de stalinien, d’ignorant de la chose publique.

 
Hier Il y a eu plusieurs interventions d’Elio Di Rupo auprès du député bourgmestre pour essayer de le ramener au calme. Il faut dire que Claude Eerdekens est indéboulonnable à Andenne, et que les moyens de pression semblent réduits. Après avoir connu le prestige d’une fonction ministérielle (à la communauté française) et avoir jouer un rôle de premier plan au fédéral (chef de groupe à la chambre) Eerdekens se joue des pressions. D’ou cette impression de valse hésitation. En milieu d’après midi il bien accepter de transformer une partie de ses questions orales à Philippe Henry en questions écrites. On pense donc que l’affaire est close. Pourtant Hier soir il publie un communiqué au vitriol auprès de l’agence Belga : « dois-je être exécuté pour avoir dit la vérité ? Chacun appréciera en son âme et conscience !
Est-ce mentir, offenser ou délirer que d’affirmer que l’on doit accueillir bras ouverts les investisseurs belges et étrangers qui peuvent apporter à la Wallonie l’emploi dont elle a tellement besoin? Personne n’a à me donner une leçon d’éthique. Tout simplement, j’ai fait mon devoir de bourgmestre et de député, n’en déplaise aux grincheux! » Salopards, eunuque, stalinien, grincheux. Finalement quand Claude Eerdekens traite Philippe Henry de « nul de chez nul », c’est presque anecdotique. Eerdekens est un lucky luke de la petite phrase ; il dégaine plus vite que son ombre. Il n’est pas le seul des barons PS à avoir un compte à régler avec les écolos : la famille Collingon, les frères Happart pour ne citer qu’eux sont très sensibles à ce qu’on pourrait nommer le syndrôme du chiffon vert. Question de génération et de concurrence électorale sans doute. Le problème ici c’est que l’injure n’est plus un dérapage. C’est un système.

Eerdekens rentre dans le rang

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 23 mars 2010 20h14 | 2 commentaires

Claude Eerdekens est en train d’effectuer une courbe rentrante. Cet après midi au parlement wallon le député-bourgmestre d’Andenne (il ne siège plus à la chambre mais bien dans l’assemblée régionale) a finalement fini par retirer une partie des questions qu’il entendait poser à Philippe Henry. « Un geste d’apaisement » explique-t-il alors que sa chef de groupe, Isabelle Simonis ajoute « le PS reste un partenaire fiable, l’incident est clos ».  Cela ressemble à une marche arrière, et c’en est une. Pour comprendre je vous suggère de réécouter ce que disait Elio Di Rupo, le président du PS ce matin à 7H50 sur Bel RTL
.

Quelques minutes après cette déclaration Elio Di Rupo prend un café dans les locaux de RTL. Il a un échange de sms avec un interlocuteur que je devine être Claude Eerdekens. Le président du PS est visiblement très concentré. Mettre Philippe Henry en difficulté une fois ça va. Sortir les couteaux et donner une impression de pagaille généralisée bonjour les dégâts. Ce soir il est de notoriété publique qu’Elio Di Rupo a eu un « contact » avec le député pour lui demander de mettre un peu d’eau dans son vin rouge (l’agence Belga l’a confirmé). C’est le minimum à attendre au sein d’une majorité. Claude Eerdekens a franchi les bornes, et l’utilisation de l’insulte personnelle va se retourner contre le PS, Elio Di Rupo le mesure très bien. L’humilité des débuts de l’olivier, quand les socialistes reconnaissaient toutes les vertus aux écolos et acceptaient sans rechigner de se plier à des règles plus strictes de bonne gouvernance, vient d’être renvoyée aux temps préhistoriques. C’est le retour du PS combatif (version rouge) ou hargneux (version verte).

Temporairement Eedekens rentre dans le rang. Mais les écolos n’oublieront sans doute pas la leçon : Eerdekens a déjà eu des mots très durs pour les élus verts d’Andenne dans le passé. Des plaintes avaient même été déposées. Bien sûr Claude Eerdekens est connu pour ses coups de sang, et ce n’est sans doute pas pour rien qu »il n’est plus chef de groupe au fédéral. Mais cette une manière de faire la politique, fondée sur le verbe fort et l’affrontement brutal, ne cadre pas vraiment avec l’image d’un PS rénové, humble et respectueux.

L’internationale, version communication

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage, ps , le 23 mars 2010 11h31 | 2 commentaires

FRANCE REGIONAL ELECTIONSElio Di Rupo, le président du parti socialiste était dimanche soir à Paris pour saluer la victoire des socialistes français aux élections régionales. Présence très visible, il n’a pas oublié d’accorder des interviews aux journalistes belges présents sur place. Médiatiquement c’était donc un voyage rentable. Retour de Paris dans la nuit. A peine rentré le président du PS a  validé un communiqué de presse sur le vote de la réforme de la couverture santé aux états unis. « Un vote historique, un succès pour Obama et une victoire progressiste » indique notamment ce communiqué de presse qui précise, que « le combat permanent des socialistes pour une couverture maximale des soins de santé reste d’actualité. Les socialistes continueront à se battre pour garantir à tous les Belges l’accès à des soins de santé de qualité, quels que soient leurs moyens. »

Elio- Barack même combat.

Quel est l’intérêt de ce positionnement ? En courant à Paris dimanche soir Elio Di Rupo n’a rien inventé. Il sait que les belges suivent avec intérêt la politique française, c’est pour certains électeurs bien plus passionnant que la politique belge. Lors des dernières présidentielles, de nombreux hommes politiques wallons et bruxellois avaient d’ailleurs fait le déplacement. Les rouges chez Ségolène Royal, les bleus, Daniel Ducarme en tête chez Nicolas Sarkozy. Quand un politique belge se déplace en France il dit toujours que c’est pour soutenir le candidat français. En vérité le candidat Français se soutient très bien tout seul. Pour l’homme politique belge il y a donc d’autres motivations : avoir sa photo dans les journaux et dire un mot à la télévision, bien sûr, mais aussi profiter de l’image des partis français, vous savez la victoire appelle la victoire et surtout, et c’est là le plus important  montrer qu’on appartient à une famille politique et que l’on défend les mêmes valeurs, se positionner donc clairement dans le débat d’idée gauche-droite. Mine de rien ce n’est pas si facile à faire en Belgique. En réagissant à un vote au congrès américain le parti socialiste utilise les mêmes ficelles : il essaye d’attirer à lui un peu de l’image positive de Barack Obama, et en même temps il délivre un message politique belgo-belge. Car il ne faut pas se tromper, en évoquant la France ou les Etats-Unis, le PS parle en fait toujours de la Belgique. Quand il condamne la droite française, quand il dénonce le chômage et la dérégulation, quand il dit qu’il faut défendre les soins de santé, Elio Di Rupo parle plus de lui que de Martine et de Barack. Avec cette nuance : attaquer Nicolas Sarkozy  et l’UMP en France ou le parti républicain aux états unis, ce n’est pas attaquer directement les libéraux belges. Cela  permet donc au PS de se positionner sans apparaître aussi agressif que s’il sortait des communiqués sur le même thème mais en Belgique. Pratique : puisque le PS et le MR sont en coalition au fédéral et qu’on aborde des négociations communautaires sensibles il serait surement inopportun de lancer une guerre ouverte en francophones. La campagne à l’international est donc une campagne douce. Il ne faut pas se tromper : c’est une campagne quand même.

Le contrôle budgétaire : le monitoring de l’Etat fédéral

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral, mode d'emploi , le 22 mars 2010 11h48 | Commentaires fermés

Commençons par la définition : un contrôle budgétaire c’est la  confrontation entre les données budgétaires initiales et les réalisations réelles. En clair vous prenez les recettes et les dépenses  telles qu’on les a prévues, et vous les comparez avec celles qui sont effectivement réalisées.

Le contrôle budgétaire est une méthode qui permet donc de rapprocher de façon régulière les prévisions et les réalisations. Il permet d’observer les motifs des écarts et de mettre en œuvre des actions nécessaires s’il faut corriger certaines dépenses. Historiquement t’est un instrument d’aide au pilotage qui apparaît dans les années 1930 et qui s’est depuis généralisé aussi bien pour la gestion des états que dans la conduite des entreprises.

En Belgique le budget de l’Etat fédéral se prépare en effet 6 mois à l’avance. Les premiers travaux ont lieu au mois de juin. En août-septembre, les ministres font leur demande département par département et c’est au mois d’octobre que le gouvernement arrête son budget pour l’année suivante. Un budget qui est ensuite transmis à la chambre où les députés ont a trois mois, en commission puis en plénière pour amender puis adopter ce budget, c’est l’un des temps forts de l’activité parlementaire, l’instrument par lequel le parlement contrôle en partie l’éxécutif.

Evidement entre la préparation et la réalisation certaines données économiques, comme l’inflation, la croissance peuvent considérablement changer. Si les entreprises se portent bien ou si les agents des finances enrôlent l’impôt plus vite, les finances de l’état peuvent se porter mieux que prévues, cela arrive. A l’inverse si le chômage augmente les dépenses de l’état augmentent dans des proportions plus importantes que celles qu’on avait imaginées. C’est dire toute l’importante de ce contrôle budgétaire, qu’on appelle aussi ajustement, qui a traditionnellement lieu en février-mars (notez qu’un second contrôle budgétaire est organisé à l’automne).

Cette année le contrôle budgétaire était relativement facile : la croissance est plutôt plus forte que prévue, il n’a donc pas fallu tailler dans les dépenses.

Cet ajustement budgétaire permet donc de dégager 60 millions pour de nouvelles actions est-ce beaucoup ? Non. Il faut se rappeler que le budget de l’état est de l’ordre de 50 milliards, 80 milliards si vous incluez le remboursement de la dette.

Qui réalise le contrôle budgétaire ? Le ministre du budget qui est à la manœuvre. Avec les fonctionnaires de son administration il est en mesure de contrôler ce qui se passe dans chaque ministère. Une position centrale dont Johan Vande Lanotte, pendant les gouvernements Verhofstadt, a fait un instrument de sa puissance politique. Chaque ministre doit ainsi justifier devant lui ses dépenses et argumenter sur d’éventuels nouveaux besoin. Un bon ministre du budget, bien épaulé, doit aller débusquer les petits oublis et les astuces des uns et des autres pour masquer un trou ou se garder une poire pour la soif. Dans une bonne équipe le premier veillera donc à ne jamais laisser le ministre du budget complètement seul aux commandes : ce serait lui abandonner trop de pouvoir. Les surplus à répartir et les éventuelles coupes sombres dont d’ailleurs décidées en kern. Le conseil restreint suit en effet l’enemble du contrôle, les minsitres qui n’ont pas la chance d’être vice-premiers défilant à tout de rôle devant les collègues. J’ai connu de jeunes minsitres qui avaient le sentiment de passer un examen.

Un contrôle budgétaire c’est aussi une question de communication. L’essentiel du travail consiste à limiter certaines dépenses ou à reporter certains investissements. Vis à vis de l’opinion publique ce sont rarement ces chiffres là qui sont mis en avant. Puisque le contrôle budgétaire, est une véritable discussion politique (on y décide ce qui est prioritaire et ce qui ne l’est pas),  ce sont habituellement les nouveaux investissements qui sont mis en avant. Concrètement ici, de l’argent pour les policiers pour les équiper de gilets pare-balle, pour les pompiers, pour la location d’une prison ou pour l’accompagnement des demandeurs d’emplois. L’ensemble de ces mesures réalisées en comité restreint devrait être formellement approuvée par le conseil des ministres cet après midi, avant d’être présenté à la presse ce sera vers 16Heures. Ensuite les décisions devront encore être approuvées par le parlement.

Fédéralisme de coopération : premier essai

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fédéral , le 19 mars 2010 13h52 | Un commentaire>

BELGIUM BRUSSELS POLITICS GOVERNMENT CONFERENCE EULe fédéralisme de coopération ,vous vous en rappelez surement,  c’est le nouveau concept défendu depuis le début de l’année  par Yves Leterme. On en a déjà parlé ici. Explication du premier ministre :

« il faut mieux coordonner certaines politiques  pour que l’action du fédéral renforce celle des  régionaux  et inversement ». Le premier ministre, dans plusieurs interviews avait notamment cité les domaines de la formation, de l’innovation, de la mobilité, ou de la logistique.

Pour se coordonner il faut se parler. Dans notre état fédéral, les régions sont autonomes. La tendance est même de chercher à renforcer cette autonomie. Les gouvernements régionaux, qu’ils soient flamands ou wallons n’apprécient pas du tout que le fédéral essaye de leur imposer une forme de coopération qu’ils vivent  comme une tentative de domination. Avec la réunion de ce matin nous allons voir si cette idée de fédéralisme de coopération a une chance ou pas de se concrétiser.

Comment cela va-til se passer ? Au palais d’Egmont, grand bâtiment qui appartient au ministère des affaires étrangères le premier va réunir les membres du gouvernement fédéral avec ceux  des gouvernements régionaux. Les flamands viennent à 5 ou 6, il devrait y avoir 4 wallons :  39 ministres annoncés au total. La réunion commencera par parler d’Europe. Le premier point à l’ordre du jour c’est la préparation du prochain sommet dans une semaine. Yves Leterme souhaite également avoir un débat sur ce que les belges vont faire pendant leur présidence, qui débute au moins de juillet. Le vrai morceau de résistance c’est le point 3 de l’ordre du jour : « agenda socio économique commun en complément de la stratégie européenne ». Je vous traduis. « Agenda commun » ça veut dire que la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et le fédéral doivent avoir le même objectif  et essayer d’avancer au même rythme. C’est une petite révolution. « En complément de la stratégie européenne » : cela veut dire qu’on va se caler sur le plan européen qui est à l’horizon 2020. 10 ans de travail, c’est exactement l’idée qu’Yves Leterme a développé dans une grande interview au journal le soir le weekend dernier.

Un plan à 10 ans, c’est évident mobilisateur. Cela indique que l’heure est grave et que tout le monde doit se retrousser les manches. Les maux de la société belge sont relativement connus : le taux d’emploi n’est pas assez élevé. Surtout chez les plus de 55 ans, il ya trop de départ à la prépension. Les charges sur le travail sont trop lourdes, même si elles ont tendances à baisser. Enfin les investissements dans la recherche, pour préparer les emplois de demain sont nettement insuffisants. Pour réussir à mobiliser tout le monde sur ces objectifs le premier a un atout et un handicap. L’atout c’est la crise. L’ONEM vient de publier des chiffres record du chômage, la Flandre est plus touchée que les autres régions : tout le monde a compris que la situation sociale va être difficile. Le handicap c’est aussi la crise : parce que les régions dans ce contexte pourraient être tentées de jouer le chacun pour soi. Chaque ses règles pour lutter contre le chômage par exemple.

Ce matin la Flandre ne sera pas représentée par Kris Peeters. Le ministre président flamand est à l’hôpital après une chute de cheval. C’est la socialiste flamande Ingrid Lieten,  qui conduira la délégation flamande. Inrid Lieten est l’ancienne patronne de la société de Lijn, l’équivalent des TEC. Elle est devenue ministre de la recherche et de l’économie l’an dernier. Son parti, le SPA est dans l’opposition au niveau fédéral. Entre le fédéralisme de coopération, ou le fédéralisme de séparation on est pas du tout sur qu’elle ait envie de choisir la première formule.

Freddy Thielemans ne veut pas lâcher son fauteuil

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, ps , le 18 mars 2010 13h57 | Un commentaire>

Il ya des hommes qui incarnent leur fonction. Qu’on n’imagine pas dans un autre fauteuil. C’est le cas de Freddy Thielemans. Le bourgmestre de Bruxelles symbolise sa ville, prof polyglotte, il parle plus d’une dizaine de langue d’un coté, bon vivant, proche des milieux populaire attaché au folklore bruxellois de l’autre coté. Une sorte de synthèse entre Bruxelles, version ville européenne, et Bruxelles, version marolles. Freddy Thielemans a d’abord été chef de cabinet d’un autre bourgmestre  Hervé Brouhon. Après le décès de celui-ci, en  1994, il est bourgmestre quelques mois, avant de céder son fauteuil à François Xavier de Donnéa. Il retrouve ce fauteuil en 2000. Cela fait donc presque 10 ans maintenant qu’il est bourgmestre.

Pourtant tout le monde s’interroge aujourd’hui à Bruxelles sur le futur de Freddy Thielemans.  Veut-il réellement aller au bout de son mandat ? Le PS n’a-t-il pas intérêt à mettre son successeur en orbite pour aborder les élections de 2012 dans les meilleures conditions. Le bourgmestre a donc été été questionné hier soir sur télé-Bruxelles.

« Il n’y a pas une semaine ou on n’entend pas que vous pourriez passer la main » lui indique le journaliste qui l’interroge ( il s’agit de Marc De Bondt, qui suit la politique bruxelloise pour TLB, à écouter vers le milieu de l’interview). « Au contraire, je me sens porté par mon parti répond Freddy Thielemans, à moins que vous vouliez m’assassiner je serai candidat en 2012. »  Quand le journaliste lui suggère le nom de deux successeurs potentiels ( Philippe Close ou Yvan Mayeur, toute fin de séquence), le bourgmestre monte d’un cran : « je pense que c’est une mauvaise question, le choix ne se pose pas. Ce sera Freddy Thielemans. » 

N’en déplaise à Freddy Thielmans la question se pose quand même.

Bourgmestre de Bruxelles ce n’est pas n’importe quel mandat en Belgique. Statut de la capitale oblige, c’est un poste prestigieux. En tant que bourgmestre de la capitale vous êtes amenés à recevoir des chefs d’état, à accueillir de grands évènements. Vous pouvez marier des membres de la famille royale,  prononcer des discours pour la fête de la communauté flamande ou la fête de la communauté française.   Les bourgmestres de Bruxelles laissent une trace dans l’histoire, certains comme Charles de Brouckère, parce qu’ils occupent des fonctions ministérielles importantes, parfois dans des moments clefs. D’autres comme  Adolphe max ou  Jules Anspach parce qu’ils ont contribué à modifier l’urbanisme de la ville. Etre bourgmestre de Bruxelles c’est aussi présider une zone de police sensible et avoir  la certitude d’être écouté si on s’invite dans le débat institutionnel.

En 2012 Freddy Thielemans aura 66 ans, si j’ai bein compté. Tout le monde a bien vu que côté socialiste Philippe Close ancien chef de cabinet et actuellement échevin est dans une excellente position pour devenir bourgmestre à son tour.  Avec un profil comparable : travailleur technocrate d’un coté, bon vivant populaire de l’autre.  Yvan Mayeur et Karin Lalieux, également échevins et députés pourraient être d’autres candidats crédibles. Coté CDH si Joëlle Milquet n’est plus présidente de parti un jour il n’est pas exclu qu’elle s’intéresse aussi à l’hôtel de ville. Les libéraux pourraient aussi être dans la course.  On a souvent le nez sur les élections législatives qui auront lieu l’an prochain. La campagne des communales plus discrète a pourtant déjà commencé, et c’est sans doute vrai dans toutes les villes du royaume, c’est flagrant pour Bruxelles : cette campagne est très personnalisée. Dis-moi quel bourgmestre tu choisis, je te dirais quelle ville tu veux.

Le décret Simonet : mieux que Marie Arena et Christian Dupont ?

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française , le 17 mars 2010 11h14 | Un commentaire>

BELGIUM JAMBES WALLOON AND GERMANSPEAKING GOVERNMENTS MEETING3 ministres, 3 systèmes. Les inscriptions des élèves dans l’enseignement scolaire c’est un dossier qui occupe régulièrement la une de l’actualité depuis 2007, cela fait donc 3 ans. Avec une équation quasi impossible à résoudre : concilier la liberté individuelle, c’est à dire le droit des parents de choisir l’école de leur choix pour leurs enfants, avec une exigence politique, réaliser un minimum de mixité sociale, en clair éviter que les familles riches se regroupent dans les écoles pour familles riches et les familles moins riches se retrouvent dans des écoles moins favorisés.  Comment éviter cette école à deux vitesses ? Première version celle Marie Arena en 2007 : « premiers arrivés, premiers inscrits ». Un système inspiré de ce qui se passe en Flandre. L’effet immédiat fut de voir des parents faire la file devant les meilleures écoles. Images fortes passées en boucle à la télévision et tollé général. Deuxième tentative, Christian Dupont. On avait fixé des critères d’élèves prioritaires, des dates en fonction de l’ordre de priorité, et en final un tirage au sort pour les places excédentaires.  Finalement l’effet loterie n’a pas été jugé plus acceptable que l’effet file.

3ieme essai donc celui de la ministre actuelle Marie Dominique Simonet. Je n’entre pas dans le détail ici, sachez juste que les écoles distribueront des formulaires dès que le décret sera imprimé  (les familles devront l’avoir pour le 2 avril au plus tard). Sur ce formulaire on peut inscrire jusqu’à 9 écoles par ordre de préférence. Le formulaire doit être déposé dans l’école classée numéro 1 entre le 26 avril et le 7 mai.

Comment les écoles feront elles le tri si elles ont trop de demandes ? D’abord il y a des élèves prioritaires : ceux qui ont un frère ou une sœur dans l’établissement par exemple, ou dont un des parents travaille dans l’établissement concerné.  Ensuite les écoles feront le tri en fonction de différents critères, notamment la distance qui sépare cette école du domicile des parents. Je n’entre pas dans le détail.  Pour tous ceux qui ne trouvent pas de place dans l’école de leur premier choix c’est une commission des inscriptions qui se  chargera de trouver une solution. On estime que cela concernera moins entre 700 et 1000 élèves. Pour se rendre compte de ce que ça représente il faut se rappeler qu’il y plus d’un million d’élèves scolarisés dans l’enseignement en communauté française dont 330 000 à peu près dans l’enseignement secondaire.

Cet après midi le nouveau décret sera voté au parlement de la communauté française. Ce sera un vote sans surprise : avec d’un coté la majorité olivier, et de l’autre l’opposition libérale. On peut même penser que le mouvement réformateur va tout faire pour faire entendre sa voix.

C’est de bonne guerre : ce dossier est passionnel et l’opposition a tout intérêt à soutenir les parents mécontents. On pourrait d’ailleurs se demander si le dossier des inscriptions, avec son équation impossible, n’est pas un dossier maudit. Marie Arena et Christian Dupont ne me démentiront pas.  Marie-Dominique Simonet, doit commencer à y réfléchir aussi : elle  a du s’y prendre à plusieurs reprises avant d’aboutir au texte d’aujourd’hui. Consultation des acteurs de l’école au mois d’octobre, remarques des parents et des directeurs. Première version, colère des partenaires de l’olivier, version amendée. Marie Dominique Simonet a du revoir son projet, puis obtenir l’aval du conseil d’état. Elle doit intégrer une règle universelle : quand un ministre présente un nouveau projet c’est toujours au nom du gouvernement.  Ecolos et socialistes ont donc tenu à ce que le projet Simonet porte des marques rouges et vertes, et tant qu’à faire, faire savoir auprès de leur base électorale qu’ils avaient obtenus des modifications.  Le décret que le parlement votera aujourd’hui est donc un décret olivier. Si l’application ne donne pas pleine satisfaction, et mon petit doigt me dit que cela reste possible,  cela deviendra le décret Simonet.

Joëlle Milquet amende le contrôle des chômeurs.

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral, social , le 16 mars 2010 19h15 | 2 commentaires

C’est un dossier qui revient périodiquement sur la table. Le plan d’activation des chômeurs est régulièrement contesté par les syndicats. Lancé en 2004, il y a donc déjà 6 ans, ce plan prévoit que l’ONEM est chargé d’évaluer la réalité des efforts que font les demandeurs d’emploi pour retrouver du travail. Un entretien avec un facilitateur  est programmé après 21 mois de chômage. Ceux qui apparemment ne cherchent pas vraiment sont exclus du chômage. Soit pour une période de 4 mois, soit de manière définitive.

Les syndicats dénoncent des contrôles qui sont parfois arbitraires, ou qui ne tiennent pas compte de la réalité économique de certaines régions  où il y a moins de travail qu’ailleurs. Ces derniers mois le syndicat socialiste demandait qu’on suspende le plan, un moratoire le temps que la crise soit passée. Le syndicat chrétien plaidait lui pour de sérieux aménagements.

Coté politique, on a aussi souvent dénoncé un nombre d’exclusion plus important en Flandre qu’en Wallonie. Cela s’est semble-t-il corrigé avec le temps. Enfin on a souvent indiqué que le plan d’activation avait comme effet  secondaire de faire glisser des personnes du chômage vers les CPAS. Des personnes qui se retrouvent alors à la charge des communes. Il n’empêche le plan d’activation aurait permis de faire reculer le chômage. C’est ce qu’affirmait la ministre de m’emploi sur son site internet officiel  en octobre 2008 avant qu’on entre dans la crise économique :

« la diminution du chômage depuis l’entrée en vigueur progressive du plan est  réelle et  les demandeurs d’emploi sont mieux accompagnés et mieux formés : le nombre de formations et de reprises d’études est en hausse significative. »

Depuis la crise il fallait peut être malgré tout revoir la copie. CE que va faire Joëlle Milquet aujourd’hui en commission des affaires sociales. D’après la libre Belgique la ministre devrait proposer de dispenser de contrôle les chômeurs qui seraient jugés « éloignés du marché du travail ». On ne sait pas encore réellement qui entrera dans cette catégorie. Les personnes qui ont des problèmes médicaux et psychiques seraient concernées. Autre mesure envisagé : les chômeurs qui acceptent un emploi à temps partiel ne seraient plus contrôlés. Il faudrait pour cela prester au moins un tiers temps.

Pour la petite histoire ce plan aurait du être présenté il ya déjà une semaine. Si il y a eu un peu de retard c’est qu’un touchant à ce dispositif Joëlle Milquet s’expose. Le contrôle des chômeurs n’est pas perçu du tout de la même manière en Flandre et en Wallonie. Et il ya quelques semaines la ministre fédérale avait du faire face à une menace de conflit d’intérêt brandie par le gouvernement flamand. Si revoir le plan pour tenir compte de la crise semblait une évidence au sud, cela l’était beaucoup moins au nord. « Madame non » devait donc convaincre ses partenaires de la majorité mais aussi les ministres régionaux et notamment le ministre flamand de l’emploi qui est Philippe Muyters, ministre NVA le parti de Bart de Wever.

 

Cet après-midi le MR réagit négativement à l’exposé : C’est davantage un état d’avancement du dossier, qu’un véritable plan amélioré et renforcé d’accompagnement et de suivi des demandeurs d’emploi que la Ministre est venue nous présenter aujourd’hui, déclare Daniel Bacquelaine, chef de groupe libéral dans un communiqué.

Citizen Kane

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote , le 16 mars 2010 07h56 | Un commentaire>

Je suis très mal placé pour donner des leçons d’orthographe. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour présenter mes excuses aux lecteurs de ce blog : dans l’urgence je laisse passer beaucoup trop de coquilles et fautes d’inattention. Ce qui ne m’empêche pas de me réjouir de ce beau lapsus orthographique repéré sur le site du CDH. Une vidéo reprend l’intervention de Jean-François Kahn, célèbre journaliste français désormais engagé en politique auprès de François Bayrou, le Joëlle Milquet masculin du paysage politique français, lors du dernier congrès du CDH. Le webmaster du CDH a écrit « Jean-François Kane »… certes ce journaliste, après avoir présenté les journaux d’ Europe 1 a lancé deux hebdos à succès (l’Evènement du jeudi puis Marianne)… de là à en faire un héros de cinéma…

Je laisse le bénéfice du doute : une faute ou un clin d’oeil cinéphile ?

http://www.lecdh.be/nous-et-vous/web-tv/conference-jean-francois-kane-partie2

Identité wallonne, bis : médaille et oubli

Par Fabrice Grosfilley dans wallonie , le 12 mars 2010 11h06 | 3 commentaires

Le débat au sein du parlement wallon sur l’identité wallonne n’a pas été le feu d’artifice imaginé par son créateur, mais Rudy Demotte n’a visiblement pas l’intention de se contenter d’un pétard mouillé. Puisque le débat ne prend pas au parlement, l’affaire va donc rebondir au gouvernement. Hier le ministre président a donc soumis une nouvelle note à ses collègues  du gouvernement wallon.

 Ceux-ci l’ont donc approuvé, même si on n’ entendu personne crié au génie.

Que dit cette note ? D’abord qu’il manque toujours à la Wallonie un projet unificateur et mobilisateur ; un projet qui soutienne une conscience collective wallonne décomplexée.  Pour y remédier le ministre-président propose plusieurs pistes :

 D’abord généraliser l’emploi du mot Wallonie, qui remplacerait donc l’expression « Région Wallonne » (attention : il faudrait réviser la constitution, cela passe par le niveau fédéral).

Ensuite un emblème unique :  ce sera le coq hardi, celui qui a une patte levée, coq rouge sur fond jaune bien sûr, puis  un décret qui confirmerait que Namur est bien la capitale de la Wallonie (ça ont pensait  pourtant que c’était clair).

Le 4ie et le 5ièeme points de cette note sont les plus importants : il s’agit de créer une décoration qui permettrait de récompenser les talents et les mérites des wallons, comprenez une sorte de « légion d’honneur wallonne » :  « il s’agit de contribuer à la fierté et au respect de wallons » écrit le ministre-président avant de préciser que l’expression « Wallonie,  Terre d’accueil » deviendrait la formule emblématique de la Wallonie, l’équivalent de « l’union fait la force pour le fédéral », le tout étant relayé auprès des écoles.

Alors bien sur on pourrait se moquer facilement. Se dire que ce n’est pas là l’essentiel, qu’une identité ne se décrète pas d’en haut, et que la tradition wallonne ne s’exprime pas dans la politique mais plutôt dans un certain art de vivre, et que ce ministre-président se donne des airs de président d’un pays qui n’existe pas.

Ce serait oublié que la région wallonne a 30 ans cette année. Que nous sommes dans un débat communautaire intense et qu’il n’est peut être pas sot de  réfléchir aux symboles capables d’unifier une communauté. Si l’on veut que la Wallonie existe il faut bien lui donner un visage.   Aux Etats-Uunis la plupart des petits écoliers saluent le drapeau, en France on apprend la marseillaise dans les écoles, cela n’a rien de honteux. Et je ne vous parle pas de la Flandre.

Alors quelques interrogations quand même : le texte de Rudy Demotte  ne dit rien sur Bruxelles. Rien non plus sur la communauté française. Le coq hardi deviendra-t-il l’emblème de tous les francophones ou seulement celui des wallons ? Les Bruxellois peuvent ils bâtir leur propre identité indépendamment de ce qui se passe en Wallonie ? Pourquoi la note ne prévoit-elle pas de passerelles entre Bruxelles, Wallonie et Communauté ? La question ce matin est pour moi celle-ci : Rudy Demotte n’est-il pas en train d’oublier qu’il porte deux casquettes. Celles de ministre-président de la région wallonne et de la communauté française.