Il était une fois - quand j’étais jeune - on utilisait l’expression ‘ter lering en vermaak’. Littéralement : ‘à l’éducation et au plaisir’ ou ‘joindre l’utile à l’agréable’, si vous voulez.
C’était l’époque où on accentuait surtout l’utile. La population de la Flandre devrait être éduquée par les nouveaux médias de l’époque (la radio, la télévision, les hebdos) !
Les mots showbiz et les BV (Bekende Vlamingen) n’étaient pas encore habituels, voire même pas nés.
Maintenant les ‘cultuurpessimisten’ diront que la balance penche tout à fait vers l’agréable ou le pire, vers la distraction et la légèreté. Si léger que ma balance de cuisine ne peut même plus le mesurer.
Soit, cette légèreté existe et existera toujours et ne se limite pas à la télévision. La Flandre ne faisant pas exception, a aussi ses publications showbizz ou ‘people‘ comme vous dites en franglais.
Nous, les Flamands dont on dit souvent que nous sommes plus directs, plus droits ;-)) nous les appelons les ‘boekskes’. Le diminutif ‘ke’ montrant tout de suite ce qu’on en pense. Un divertissement et un snack pour nourrir notre curiosité. Pas plus et pas moins non plus.
Ces ‘boekskes‘ sont d’abord Dag Allemaal et Story. Il y en a encore d’autres, mais je vous conseille ces 2 là. Et si jamais quelqu’un vous demande pourquoi vous lisez ce genre de magazine, vous répondrez : j’actualise mon Néerlandais.
Avec des titres comme : « Het is makkelijk als je zo dom bent als ik. » ; « Ik sta hier echt te blijten. » ; « Primeur : ontrouw tijdens eerste huwelijk. » avouez que c’est plus excitant que « Mijn naam is Jean en ik werk bij b-post » !
Sur le post orgasme collectif de la Flandre après les victoires consécutives de Tom Boonen ? Le ‘tomgasme‘ écrit, décrit et réécrit en dizaines de pages dans les journaux ? Boonen : le maître des collines (synonymes en néerlandais : heuvels, bulten, molshopen, kuitenbrekers) et des pavés. Le chef des classiques flamandes.
Ou sur les accusations de l’hebdo Humo (et surtout d’une série de victimes) contre l’ex-journaliste et politicien Pol Van Den Driessche qui serait le DSK de Flandre? PVDD était membre de la Volksunie, journaliste puis chef au Standaard, au Nieuwsblad, sénateur CD&V, consultant chez VTM et momentanément tête de liste aux communales pour la NVA à Brugge.
Sur les quelques fois où j’ai vu PVDD en action et où cela suffisait pour me donner ‘een gevoel van plaatsvervangende schaamte’ comme on dit si bien en néerlandais. J’avais honte à sa place. Comme ça m’arrive quand je vois le cortège de la Saint-Vé passer dans mon quartier, par exemple.
Non, passons à autre chose : à la télé et dans les autres média, y compris la pub, (encore d’avantage en Flandre qu’au sud du pays, d’ailleurs) nous vivons une sorte d’indigestion de programmes culinaires et de ‘starification‘ des chefs.
Wout Bru, Frank Fol, Piet Huysentruyt, Peter Goossens, Sofie Dumont, Sergio Herman (lui, il est de Zélande (= een ‘Zeeuw’) et Jeroen Meus sont les plus connus. C’est devenu une nouvelle économie, plus tangible, plus vraie, plus proche que les facebooks, twitters et autres e-bizz.
Mais avouons que cela arrange beaucoup de gens : les téléspectateurs qui raffolent de ce genre de programmes (du masterchef, dagelijkse kost, sos piet, komen eten (= un dîner presque parfait), Goe gebakken, pour en citer une poignée) mais aussi l’industrie agro-alimentaire, les producteurs et la grande distribution (ca donne envie et surtout, faim), les fabricants et vendeurs de cuisines et d’appareils domestiques (il y a quelques années c’était le four à vapeur maintenant c’est le teppanyaki), les chaines de télé et. les maisons d’édition bien sûr. Parce que les chefs qui passent à la télé vendent (je pense) plus de livres que des plats dans leurs restaurants. Regardez les listes des best-sellers et on voit beaucoup de livres de cuisines ! Un Meus ou un Huysentruyt vendent facilement plus de 100.000 exemplaires de leurs livres.
Finissons-en avec un petit pari: d’ici fin de l’année un autre livre sera au top des best-sellers flamands : Comment maigrir de 40 kilos en mangeant des francophones ? Par BDW. Non ?
Man bijt hond (‘Homme mord chien’) est un magazine quotidien sur één de la VRT. Depuis 1997, c’est un micmac de mini reportages et de rubriques, les uns encore plus fascinants que les autres. Souvent je trouve que la technique qu’ils utilisent dans certaines rubriques ( faire ‘jouer’ les interviewés leur histoire) me rend fou mais hier ils ont encore réussi une pareltje (une petite perle). A l’occasion de la catastrophe nationale de l’accident du bus d’écoliers en Suisse, l’équipe de Man bijt hond a tourné une minute de silence dans quelques écoles avec des gosses de 12 ans. Une bonne idée, exécutée de façon géniale dans sa simplicité.
Ce ‘Stilte’ est la preuve que la mise en scène d’un reportage peut se faire si l’exécution montre du respect pour le(s) sujet(s).
‘Man bijt hond’ est produite par la fameuse maison Woestijnvis de Wouter Vandenhaute qui a acheté avec Sanoma les chaines télé commerciales VT4 et Vijftv.
Certaines mauvaises langues soufflent qui c’est la preuve que Wouter sait très bien compter (4 et 5). Flauw (facile) je dirais, Wouter est un homme très intelligent qui sent le talent et qui surtout laisse le temps au talent de germer. La question est de savoir s’il pourra encore se permettre de laisser ‘jouer’ ses équipes.
Un exemple: le programme ‘God en klein Pierke’ (dont je n’ai jamais compris le succès) de Martin Heylen qui suivait des personnalités se permettait 200 heures de tournage par émission!
Un exemple: le programme ‘God en klein Pierke’ (dont je n’ai jamais compris le succès) de Martin Heylen qui suivait des personnallités se permettait 200 heures de tournage par émission!
Soit, Man bijt hond produit par Woestijnvis disparaitra bientôt mais la VRT fera à partir de juin une nouvelle version et a entretemps engagé quelques rédacteurs du programme original.
En attendant que les 15 ans de Man bijt hond soient décomposés et disséqués par des professeurs et étudiants en sociologie et communication/journalisme, je vous conseille de surfer sur le net et de découvrir des vraies et moins vraies perles de Man bijt hond. Il y a même une compil de ‘Best of’.
Mon favori? Allez, comme ca, une pour la route.
Petit détail: j’adore la gentillesse du monsieur qui n’arrête pas de dire ‘Mijnheer’ au journaliste.
Mis à part la question de savoir si on peut-être considéré comme un monument de son vivant, (je dis OUI!), je veux vous parler de deux monuments.
Le premier, Josse De Pauw, est flamand et le deuxième, Kees van Kooten, est hollandais.
Josse De Pauw est un des meilleurs acteurs (et ‘artistieke duizendpoot’, qu’on pourrait traduire comme touche-à-tout artistique) de Flandre. Avec la compagnie ‘Radeis‘ (un quatuor) il a conquis le monde fin des années 70 - début 80. Le succès de leur théâtre muet - du slapstick réinventé - était du jamais vu. L’Europe et l’Amérique (Nord et Sud) étaient folles de ‘Radeis‘. Avec même des scènes d’hystérie à la Beatles en Amérique du sud. Mais surtout : c’est Radeis qui a prouvé à d’autre jeunes flamands de l’art de la scène (A-T De Keersmaeker, Jan Fabre, De Nieuwe Snaar, Needcompany de Jan Lauwers, etc.) que l’on pouvait viser plus loin que Zwevezele, Turnhout, Den Haag et Amsterdam.
Bref, Josse De Pauw joue cette semaine la première de ‘Raymond‘, une pièce ‘autour’ de Raymond Goethals, oui, Monsieur Raymond, le gardien de but, l’entraîneur, le fumeur, le blagueur, le nerveux, le Bruxellois.
La pièce est écrit par Thomas Gunzig, ben oui, lui.
Josse De Pauw est un acteur de souche qui déçoit rarement. Son ‘consul’ dans « Under the Vulcano » de Malcolm Lowry (adapté par Josse pour le théâtre) avec une mise en scène époustouflante de Guy Cassiers, il y a une ou deux saisons, approchait la perfection.
L’autre monument est donc Kees Van Kooten, le Koot du duo Koot & Bie, sans doute et sans discussion le meilleur (ex-)duo comique de la télévision hollandaise. Avec leurs personnages Jacobse & Van Es (et leur ‘Tegenpartij‘) ils ont par exemple - avec une précision effrayante - prévu l’opportunisme et le populisme de la politique façon Geert Wilders et autres.
Soit, Kees van Kooten vient de sortir ‘Hartstochtjes‘ (= petits passions) un mix de peintures, livres, musiques, histoires et de souvenirs personnels.
Mais je veux surtout vous raconter ce que Kees van Kooten fait avec ses livres qu’il a lu et ne veut pas garder. Après des soirées de lecture ou des conférences partout en Hollande, il fait un petit tour de quartier et dépose un livre dans des boîtes aux lettres de maisons.
« Parce que je suis persuadé que quand tu trouves un livre dans ta boîte, c’est tellement intriguant que les gens vont au moins commencer à le lire ! »
J’adore !
PS 1Raymond de Thomas Hunzig, Josse De Pauw et Manu Riche au KVS du 25/02 > 10/03www.kvs.beUne pièce bilingue NL-FR sans surtitre.
PS 2 Josse De Pauw est - comme tout bon acteur - un très bon observateur. Mais Josse a le talent de décrire ses observations dans un style littéraire rafraîchissant et mélancolique aussi. Je peux vous conseiller son oeuvre : « Werk », paru chez Houtekiet.
PS 3 Hartstochtjes de Kees van Kooten, paru chez de Bezige Bij.
Grande chance que vous ne connaissez pas Mieke Van Hecke. Geen schande (pas grave), j’avoue que je ne connais pas non plus le ou la chef de l’enseignement catholique du côté francophone du pays.
Mieke Van Hecke à 64 ans et peut s’appeler officiellement ‘directeur-generaal van het Vlaams Secretariaat van het Katholiek Onderwijs (VSKO)’, un titre qui remplit facilement une carte de visite et serait aussi une bonne casse-tête dans un dictée (le tirait entre directeur et generaal et minuscule!!).
Mieke a passé aussi (pour le CPV- CD&V, wat had je gedacht ?) neuf ans dans le parlement flamand, avant de devenir la ‘cheftaine ‘ du VSKO et donc une des femmes les plus importantes de la Flandre*.
Qu’est-ce que des milliers de Flamands font le week-end en hiver? Ils s’amusent dans la boue.
Haha, des chasseurs? Non, il paraît que les chasseurs flamands chassent surtout en Wallonie. Et non, cela n’est PAS une opération sécrète des groupuscules de la NVA pour qu’ils - après la disparation de la Belgique - parviennent à conquérir à la César et autres Romains, les richesses naturelles wallonnes (nature, eau, gibier, papillons.).
C’est un phénomène sportif : le cyclocross, - ou veldrijden, littéralement : rouler dans les champs - un sport mondial (oui, il y a un championnat du monde et une World Cup) qui est surtout populaire en Flandre. Il y a eu une époque ou il y avait des très bons Suisses, Allemands et autres, mais les dernières années les coureurs flamands ont dominé cette discipline assez sympa, j’avoue. (ça rime avec boue !)
Sven Nys, le pro des pros.
Mais il faut quand même relativiser cet enthousiasme très local : le champion du monde est Zdnek Stybar (un Tchèque, vivant à Essen (Anvers), roulant pour QuickStep) et probablement un des meilleurs, le Hollandais Lars Boom, a décidé de se concentrer sur la route. OK, les Belges restent très forts : le ‘vieux’ mais hyper-professionnel Sven Nys montre à chaque course qu’il est loin d’être ‘usé’ et les jeunes talents Niels Albert et Kevin Pauwels, ce dernier étant la révélation du saison et qui fait se remarquer après la course en disant presque rien, tellement il est timide. Ce qu’on ne peut pas dire de votre Pauwels, Stéphane.
Le succès énorme du cyclocross en Flandre est peut-être (j’avais presque écrit certainement) surdimensionné et superficiel à cause de l’intérêt des médias et surtout la télé (VRT et VT4) qui font de chaque course une classique à la Tour des Flandres ou L-B-L. Evidemment l’intensité d’un cyclocross (une heure seulement, ‘vollen bak’, avec des sensations (accident, pneus crevés, technicité.) est très télévisuel, mais comme disait la star du journalisme sportif hollandais Mart Smeets : « En Flandre, chaque course de plus de trois coureurs passe en direct à la télé. » Comme preuve : dimanche passé ( 18/12) s’est déroulé une manche du Coupe du Monde à la Citadelle de Namur : 15 lignes dans le Soir, le lundi.
Pour les supporters Flamands le cyclocross est aussi une excuse pour faire une sorte de barbecue hivernal bien arrosé. Ne soyez pas étonné que vous y voyez des gens tout rouge à cause du ‘fuel’ du cyclocross ; les ‘wittekes’, à ne pas confondre avec la Blanche de Hoegaarden. Un witteke est aussi un petit verre de genièvre (peket).
Ce soir ( vendredi 23) il y a même une course le soir (19 :00) à Diegem (en direct sur VT4) et pour Canvas le journaliste Michel Wuyts (qui parfois me semble être plus promoteur du cyclocross que journaliste) a plongé dans la riche histoire du cyclocross en faisant une série sur les héros de la boue d’antan.
De Flandriens van het veld - chaque lundi 20 :40 sur Canvas
“Communications de service”, on se croirait à la Gare Centrale mais ce n’est que votre humble serviteur qui - en vue des congés de fin d’année - vous donne quelques idées pour (re)découvrir la Flandre. Un peu comme Elio qui découvre un nouveau pays.
Premièrement (ten eerste):
Bart Van Loo, l’auteur de l’incomparable ‘Chanson’ ou l’histoire chantée de la France (voir BHV de 20 octobre) passera à Passa Porta, la maison des délicatesses littéraires Rue Dansaert - Bruxelles, ce vendredi 16 décembre à 18h30. Inscription souhaitée.
De quoi commencer le week-end en chantant!
www.passaporta.be & www.bartvanloo.info
Deuxièmement (ten tweede):
Si vous avez envie de quitter pour quelques heures ce bordel sympa qui s’appelle Bruxelles, je vous conseille un long après-midi à Louvain. Avec le train de Bruxelles Central, ce n’est qu’une bonne vingtaine de minutes (sauf si une communication de service annonce un retard ;-)).
Une vingtaine de minutes pour arriver dans un tout autre monde où on parle un néerlandais qui est plus compréhensible qu’à Ostende (par exemple), où la ville est propre et le trafic réduit. Un petit choc (un délichoc ?) comparé à Bruxelles, en tout cas.
Au musée M - oui, la vie peut-être simple, beaucoup plus simple que les Musées Royaux d’Art et d’Histoire / Koninklijke Musea voor Kunst en Geschiedenis - il y a plusieurs expos intéressantes.
D’abord le photographe Dirk Braeckman (> 08/01/2012). Ses photos monumentales et sombres ne veulent pas être anecdotiques, elles veulent suggérer surtout. Dirk Braeckman est un photographe qui cherche, autant dans les sujets que dans la technique. Impressionnant sont les (morceaux d’) intérieurs vétustes qui deviennent des paysages. Les “nudités” dans des chambres d’hôtels par contre, ont l’air déjà vues.
Et il y a l’expo de l’illustrateur & graphic novelist américain Charles Burns (> 11/03/2012). Un must pour les amoureux de la BD. Et un Américain qui ten eerste, a dessiné une pochette pour Iggy Pop et ten tweede, connaît Hergé, Ever Meulen et Joost Swarte, vaut le détour.
Prenez aussi un peu de temps pour regarder les vidéos intrigantes et parfois drôles de Mika Rottenberg (>26/02/2012) et passez (certainement avec vos enfants) voir les illustrations/portraits touchants de Ingrid Godon ‘Ik wou’ (> 08/01/2012) !!!
4 expos intéressantes dans 1 musée ! On dirait MMMM !
PS : le M est un petit bijou ouvert il y a 2 ans. L’architecte Stéphane Beel y a miraculeusement intégré des anciens bâtiments. N’oubliez pas de passer par le toit.
www.mleuven.be
Troisièmement(ten derde):
J’aime les gens un peu impulsifs, donc au lieu de prendre le train vers Louvain, prenez celui pour Gent Sint Pieters. Là aussi vous verrez une ville propre et accueillante. Gent est, comme Louvain, gérée depuis quelques législatures par des bourgmestres socialistes prouvant que changer une ville est vraiment possible. Ou comme la mauvaise langue de mon voisin dirait : ‘Pas tous les socialistes sont des manches.’
Soit. A Gand : un musée et 2 expos à aller voir. Le sujet de la première expo est un peu léger, ce qui ne veut pas dire, banal. Coca-Cola, 125 ans de design, ben oui. La boisson qui nous a apporté le capitalisme américain, le rêve américain, les pin-ups américaines, le père noël américain et le surpoids américain. Pas mal quand même pour ce sirop brunâtre que je préfère avec une tranche de citron et beaucoup de glaçons un jour chaud à la Terrasse à Etterbeek.
Bref, l’expo coke est à voir au Design Museum jusqu’au 26/02/2012 comme celle du designer mythique finlandais Kaj Franck.
On pourra organiser des séminaires qui prennent quelques jours pour discuter de l’importance, l’état et le futur de l’enseignement. Et on pourrait facilement faire de même pour comparer l’enseignement en Flandre et l’enseignement à Bruxelles et en Wallonie. Mais pour que vous ne quittiez pas tout de suite ce Blog d’Humeur Vilaine, je ne vais pas parler de cela.
Je veux parler de Leo Bormans, un nom bien belge mais ce ‘germanist’ (prof de langues NL) de formation est né à Leopoldsburg *, en Campine – de Stille Kempen, mais cela sera pour une autre fois.
Leo Bormans est le rédacteur en chef d’une série de magazines édités par la Communauté flamande. Aie, je sens des frissons. Mais non, pas de panique, tout ce que la Communauté flamande fait n’est pas nécessairement d’inspiration anti-belge ou anti-francophone. Les magazines s’appellent tous ‘Klasse’, et comme vous comprenez presque aussi vite que vous lisez – comme notre héros Lucky Luke, le fils spirituel de Maurice De Bevere alias Morris, né à Courtrai.* - vous pigez qu’il s’agit des magazines sur l’enseignement. Il y a un ‘Klasse’ pour les enseignants, un pour les parents et un pour les élèves, etc. Ces magazines sont importants et internationalement réputés.
Leo Bormans – dont le père a créé un école dans son propre living du hameau/quartier Strooien Dorp de Leopoldsburg ! – s’est jeté dans son rôle de rédac chef avec un enthousiasme et positivisme qui est rare dans ce monde cynique et égoïste.
Ce positivisme, Bormans le canalise aussi dans des livres dont ‘Le Bonhour. The world Book of Happiness’ , un succès mondial. Traduit en 15 langues (français, anglais, chinois…) et vendu en dizaines de milliers d’exemplaires. (35.000 en NL, 11.000 en Allemagne, 22.000 au Canada, réimpression en France, lancement aux USA, etc)
Dans ce livre, 100 spécialistes de la psychologie positive du monde entier font part de leurs connaissances sur le bonheur. Sans spéculations philosophiques ou spirituelles, le World Book of Happiness ouvre de nouvelles perspectives basées sur des recherches scientifiques menées partout dans le monde. Il ne s’agit pas de ‘croire’, mais de ‘savoir’. Ne portant pas seulement sur le bonheur individuel, mais aussi sur le bien-être des groupes, des organisations et des pays, ce livre dégage une vision globale du bonheur.
Ou comme Leo Bormans le dit : « Je déteste des slogans comme ‘Don’t worry, be happy’ au point que j’ai fait produire des badges ‘Do worry, be happy’. Il faut agir maintenant parce que ce monde est en danger mais cela ne peut pas nous empêcher d’être heureux. »
Voilà, c’est ça l’engagement exemplaire de Leo Bormans. C’est la classe !
www.leobormans.be
www.theworldbookofhappiness.com
Le bonheur.The world book of happiness
Une vision globale du Bonheur. € 24,95 Chez Edition Racine.
* Franchement, je m’en fiche de savoir où les gens sont nés, mais je voulais me moquer des journalistes sportifs flamands qui adorent citer que X vient de Y (et si on sait encore préciser de quel hameau, bravo !) et que Z vient de A. Je lis ou entends cela aussi dans la presse francophone, mais j’ai l’impression que c’est moins présent. Je me demande si on le fait aussi en Russie ou au Vietnam. Quelqu’un peut-il m’aider? Est-ce une preuve d’information ou de provincialisme?
En voyant des affiches pour Sois Belge et tais-toi, je pensais au phénomène Geert Hoste. Geert qui? Hoste!
Chaque année cet acteur/comédien flamand remplit les salles des centres culturels flamands avec sa conférence sur l’année qui vient de s’achever. Il le fait depuis toujours. Allez, depuis les années nonante. Un agenda plein, avec plus de 100 ‘one man shows’ par an.
Un peu comme la Compagnie Victor mais Geert le fait en solo.
Finalement il pourrait aussi s’appeler Compagnie Geert, parce que Geert est Brugeois, ‘een West-Vlaming’ et donc un bon businessman. Il est omniprésent: de Dag Allemaal via la VRT jusqu’à VTM et les librairies. Il a raison, il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Il est populaire, il remplit les salles et la caisse. Rien à dire.
Geert H. est malin aussi : chaque année il lance sa série de conférences ou un nouveau livre avec un événement médiatique. Comme il y a quelques années quand il a emmené la presse en avion-charter ou l’année passée quand il a présenté son livre dans la friture préférée de Bart De Wever, qui était présent derrière le comptoir évidemment. Parce que Geert aime côtoyer les politiciens et vice versa. Je ne sais plus quel ‘kopstuk’ (grosse tête) l’a dit mais je me rappelle bien la citation : ‘Vaut mieux que Geert Hoste se moque de toi dans son show, plutôt qu’il ne parle pas du tout de toi’. Ça me dérange un peu, un artiste doit s’abstenir de ce genre de copains/copines avec le pouvoir. Entre ( ) : Geert a étudié le droit avec un certain Yves Leterme, la Belgique est petite, la Flandre encore plus…
Honnêtement, je n’ai jamais assisté à un des ses ‘shows’mais comme on ne peut pas lui échapper à la télé, je sais ce qu’on peut attendre : ses histoires sur Laeken et son petit prince préféré Philippe, les blagues sur Elio et Jean-Luc etc.
L’humour de Hoste est une valeur sûr, - on voit souvent arriver ses clous de loin, mais ca ne gène personne et le public l’adore. Un public qui est même convaincu qu’il ose et qu’il fait de la satire. Ben, oui, à la façon de Hoste. Il le fait doucement, comme un ‘ideale schoonzoon’ (le beau-fils idéal) qui taquine un peu sa belle-mère.
Tiens, ne serait-ce pas aussi le costume trois-pièces irréprochable que Geert porte toujours, qui contribue à son succès dans les sièges confortables des centres culturels flamands ?
Son site web: www.geerthoste.be et sur youtube: ‘geert hoste’
Il y a 2 semaines la VRT a organisé son ‘Taaldag’ au Flagey. N’ayez pas peur, il s’agissait pas d’une manif pour le respect des ‘taalwetten’ à Bruxelles et environs. Pas de manifestants, ni de drapeaux jaunes et noirs agités donc devant les portes du bâtiment emblématique d’Ixelles. Pas de Taktivistes et compagnie dans les environs. Sinon on aurait certainement aussi vu une ou deux équipes de la RTBF, toujours fascinée par ce phénomène.
Soit, le ‘Taaldag’ (la Journée est une initiative du ‘taaladviseur’ de la VRT, le conseiller linguistique de l’institution et le Nederlandse Taalunie).
Une des discussions et fil rouge de cet après-midi était la proposition - Ruud Hendrickx, le conseiller linguistique, n’a pas arrêté d’insister qu’il s’agissait d’une proposition - d’un nouveau Taalcharter pour la VRT.
Bref, de quoi on parle ? Vous avez certainement remarqué que le néerlandais que vous entendez dans les feuilletons et dans certaines émissions radio de la VRT, n’est pas vraiment le néerlandais que vous avez appris à l’école (ou au Ceran à Spa…). On dit quelque chose dans le style ‘Oe ist’ ou ‘Eddegij’ *. Heureusement qu’on sous-titre pas mal d’émissions.
Quand certaines séries ne sont pas en dialecte comme Het Goddelijke Monster, ils utilisent souvent ce qu’on appelle le ‘tussentaal’. Littéralement, la langue intermédiaire. Pas le néerlandais strict, pas du dialecte, mais entre les deux. Bref : ni chair, ni poisson. Concrètement: c’est une variante du néerlandais couverte souvent d’une (bonne) sauce du patois anversois/brabançon. De bons exemples sont FC De Kampioenen et Thuis, (pas mes plats préféres, mais tout le monde doit manger).
Le ‘changement’ proposé par le nouveau Taalcharter est maintenant d’accepter des ‘varianten’. On laisserait passer cette langue ni chair, ni poisson. Pas dans le JT et autres émissions sérieuses, parbleu !, mais bien dans des séries, programmes pour jeunes, radios., etc.
Et alors ? Beaucoup de gens dans la grande salle (complet !) se demandaient ce que ça changerait : het kwaad is geschied. le mal est fait. Je pense que la VRT a compris que sa mission pour éduquer le peuple flamand est périmée. Et que (la proposition) du nouveau Taalcharter est une sorte de perfusion, la tussentaal passe goutte à goutte et on accepte parce qu’on n’y peut rien. La tussentaal est la langue de la rue, du bistrot, et pire, des bancs d’écoles et universités…